Les assistants vocaux en quelques chiffres…

Depuis leur entrée sur le marché, il y a quelques années, les assistants vocaux sont en pleine expansion avec des fonctionnalités de plus en plus nombreuses qui nous rendent de plus en plus connectés. Selon un rapport publié par MRFR (Market Research Future), le marché mondial des assistants vocaux possède un taux de croissance annuel de 39,27 %. Et si on convertit ce pourcentage en valeur monétaire, on peut estimer qu’avec un tel taux de croissance le marché atteindra environ 7 milliards d’euros en 2023, un chiffre exponentiel.

L’engouement autour de cet appareil est conséquent, en 2018, 60 millions d’américains étaient équipés d’un assistant vocal, soit 25% de la population américaine. Et en France, ce sont 46% des français qui ont déjà utilisé un assistant vocal.

Mais qu’est ce que c’est au final ?

Un assistant vocal, également appelé assistant personnel ou enceinte connectée, est un appareil basé sur la reconnaissance vocale. Il va permettre à son utilisateur d’effectuer différentes demandes par l’intermédiaire de sa voix pour que l’assistant vocal exécute différentes tâches. Les fonctions sont nombreuses et diverses, par exemple, en 2019, la population française utilisaient cet outil pour : faire des recherches sur Internet en priorité (75 %), écouter de la musique (61 %), lire ou écouter des messages (51 %) et aussi pour contrôler leurs installations avec la fonction “Smart Home” (43 %). Cette fonction permet de connecter l’assistant à divers appareils de son logement (lumières, enceintes, télévision, etc…) pour pouvoir les commander avec l’assistant vocal.

L’assistant personnel devient un outil de contrôle multifonction qui peut assister son propriétaire partout et à n’importe quel moment, dans sa vie quotidienne. Les assistants les plus connus sont : “Siri”, “Ok Google” et “Alexa”.

Un partenariat basé sur la voix 

Google est un pionnier dans ce domaine de l’assistance vocale avec son fameux “Ok Google” activable sur tous les androids. Dernièrement la société a choisi d’innover avec ce service en réalisant un partenariat avec le grand distributeur Carrefour. En effet, c’est en juin 2020 que Google et Carrefour ont lancé un nouveau service de courses via l’Assistant Google. Ce service innovant combine plusieurs nouvelles fonctionnalités créées pour simplifier et personnaliser l’expérience d’achat alimentaire des clients Carrefour. Amélie Oudéa-Castéra, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale du Groupe Carrefour explique dans un communiqué que : “Cette innovation, mise au point avec Google, est une nouvelle étape dans l’accélération de la trajectoire e-commerce de Carrefour“.

Ce partenariat ajoute à l’assistant Google trois nouvelles fonctionnalités :

  • Une nouvelle commande vocale : “Ok Google, je veux faire mes courses”, c’est la phrase qu’il faudra prononcer pour démarrer l’expérience d’achat via l’Assistant Google. L’utilisateur pourra ensuite énoncer sa liste de courses et la reconnaissance vocale de l’Assistant se chargera du reste grâce au vocabulaire qui lui a été administré tel que les mots génériques (ex : lait) ou encore les noms de produits (ex : lait demi écrémé bio) et de marques (ex : lait Lactel demi écrémé). 
  • La liste de courses partagée : la liste créé par un utilisateur peut être partagée à toute personne de son choix : membres de sa famille, colocataires, amis, etc… Et les personnes ajoutées pourront également contribuer à la liste. Et pour les utilisateurs qui préfèrent rester seuls utilisateurs de la fonction Google a tout prévu avec la commande “Voice Match” qui fait en sorte que l’Assistant Google ne se fie qu’à leur propre voix.
  • La personnalisation de l’expérience d’achat : L’assistant est connecté à Carrefour, et donc les proposition des produits qui vont être faites se baseront sur les préférences du client si celles-ci sont connues. Si ce n’est pas le cas, l’assistant peut également déduire de lui-même les préférences à partir des habitudes générales d’achat chez Carrefour si l’utilisateur est client de l’enseigne (ex: préférence pour les produits sans gluten, etc…). Et puis, dans le cas où l’utilisateur n’aurai jamais été client Carrefour, l’assistant se basera sur 2 critères pour choisir les produits les plus adaptés au client : les meilleurs prix proposés et le top des ventes parmi les 27 000 références disponibles sur le site Carrefour. Et dans un second temps, après plusieurs utilisations l’assistant pourra assimiler les préférences du client et affinera ses recommandations, c’est que l’on appelle le “Machine Learning“.

En cas d’erreur, le client peut modifier lui-même son panier en ajoutant ou supprimant certains articles. Enfin dès que le client aura validé son panier, il sera rediriger de façon fluide vers l’univers e-commerce de Carrefour pour confirmer sa commande, ainsi que son créneau et son mode de livraison (drive, drive piéton ou livraison à domicile), pour finir avec le paiement de la commande.

Des réticences et des freins à cette innovation…

Mais, selon l’étude menée par Reichelt Elektronik, des appréhensions apparaissent concernant la sécurité des données et, notamment, l’exploitation des données personnelles. En effet, 71% des Français sont réticents quant à l’utilisation abusive de leurs données personnelles et de leur stockage et 46% redoutent que leurs communications soient surveillées. Cette réticence devient donc un frein majeur pour l’utilisation des assistants vocaux et pour le partenariat. D’autant plus que pour que l’expérience d’achat via l’assistant fonctionne, l’utilisateur doit associer son compte Google et son compte Carrefour. Et donc, il donne son accord et autorise Carrefour France à partager l’historique de ses achats avec Google. 

Pour rassurer les utilisateurs, Carrefour et Google permettent alors aux utilisateurs de retirer son consentement et de dissocier ses comptes à tout moment,. Le partage de l’historique d’achats avec Google est alors interrompu et Google supprime les données transmises. Cette action se réalisera également si expérience d’achat via l’assistant n’est pas utilisée pendant plus de 30 jours.

Hugo HERNANDEZ