Nous avons eu le plaisir de recevoir Paul Fauvel, le directeur général du club de foot de Bergerac. Il est jeune, dynamique, plein d’ambition et nous a partagé avec humour et sympathie son parcours personnel et professionnel mais également la superbe épopée sans précédent du BPFC en Coupe de France. Ancien élève de notre département TC Px, c’est avec nostalgie qu’il a pu revenir dans les locaux et retrouver ses anciens professeurs. C’est aujourd’hui à son tour de conseiller et d’accompagner des élèves notamment grâce à son projet tuteuré. Dans cet échange, il revient sur les stratégies de communication et de marketing du club qu’il dirige mais aussi sur le futur du BPFC suite à la Coupe de France. Toute l’équipe tient à remercier chaleureusement Paul Fauvel pour sa collaboration.
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Auchan est une enseigne spécialisée dans la grande distribution, appartenant à la famille Mulliez, à l’image Décathlon ou Boulanger. Créée par Gérard Mulliez dans les années 1960, et aujourd’hui deuxième enseigne de grande distribution française, la marque est une référence du secteur, aussi bien en France qu’à l’étranger.
Historiquement associée à la distribution en hypermarchés et supermarchés, elle a su au fil du temps se diversifier pour proposer un panel d’offres de plus en plus large. En complément des premiers points de ventes, la marque s’est lancée dans l’immobilier commercial avec Immochan, dans la banque avec Accord, mais aussi dès les années 2010 dans le e-commerce. La volonté du groupe est de s’adapter à l’évolution des besoins des consommateurs, ainsi qu’au changement de paradigmes en matière de consommation et de parcours client.
Aujourd’hui le groupe est principalement implanté en Europe, avec la France, l’Autriche, l’Espagne, le Portugal et bien d’autres pays; mais également en Asie avec Taïwan notamment.
Au départ, le concept d’Auchan s’appuie donc sur un modèle en pleine expansion dans les années 1960, à savoir celui de l’hypermarché. Celui-ci met en avant la volonté de proposer une gamme de produits très large aux clients, avec la promesse de trouver ce dont ils auront besoin dans l’enceinte du magasin.
Toutefois, l’avènement des nouvelles technologies et la généralisation du digital remettent en cause l’hégémonie de ce modèle de distribution, et poussent ces grandes enseignes à innover, sous peine de perdre une multitude de clients. Dans ce contexte, Auchan a décidé de lancer en septembre 2021 le premier magasin autonome français, Auchan Go, avec la volonté de se présenter comme un leader de l’innovation de la distribution française.
En nous appuyant sur une étude documentaire recoupant divers articles et enquêtes sur le sujet, nous allons tenter de comprendre dans quelle mesure la création de ce magasin autonome répond à une volonté d’améliorer l’expérience client et de s’adapter aux évolutions de tendances de consommation des consommateurs.
Analyse de l’environnement
Premièrement, il apparaît indispensable de saisir les enjeux liés à l’entreprise en analysant ses forces et faiblesses d’un point de vue interne, mais également les opportunités et menaces qui se présentent à elle d’un point de vue externe. Pour cela, nous allons réaliser un SWOT de l’enseigne :
Forces
Faiblesses
– Forte notoriété – Forte présence sur le marché – Innovations régulières et adaptation aux besoins du marché (drive, e-commerce,Click and collect, etc.) – Forte implantation – Programmes de fidélité forts
– Prix plus élevés que les concurrents (Leclerc notamment) – Associée aux hypermarchés et supermarchés, et moins aux achats de proximité, à la différence des concurrents comme Carrefour
Opportunités
Menaces
– Développement à l’international – Diversification de ses services – Pionnier des magasins autonomes en France
– Changements des préférences des consommateurs – Déclin général des achats en hypermarchés et supermarchés – Offre de plus en plus diversifiée sur le marché – Déjà des offres sur les magasins autonomes plus développées à l’étranger : Amazon Go
Comme nous venons de le constater avec cette analyse SWOT, Auchan est une marque qui jouit d’une forte notoriété sur le marché, à la fois français et mondial. En effet, elle est une référence de la grande distribution, et s’inscrit dans la lutte avec les enseignes comme Leclerc et Carrefour. De plus, celle-ci a rapidement saisi les enjeux liés aux nouvelles technologies, avec des innovations régulières et surtout adaptées aux besoins actuels. Comment ne pas exposer le cas du drive, dont l’utilisation a explosé en 2020 avec la pandémie. Sur cet aspect, la marque se classe dans le Top 4 des entreprises réalisant les plus grosses parts de marchés sur cette section; mais reste toutefois bien derrière le leader incontesté qu’est E.Leclerc, avec près de 50% de parts de marché.
Ainsi, la notoriété de la marque et les innovations proposées par l’enseigne représentent des facteurs clés de succès. La crise de la Covid-19 a renforcé ces tendances, et particulièrement en matière d’innovation. La mise en place de solutions comme le drive et le Click and Collect, ont permis à Auchan d’être en phase avec les besoins des consommateurs au cours de cette période.
Selon les données de l’IRI, les grandes surfaces spécialisées dans l’alimentaire ont vu leurs ventes liées au e-commerce connaître une progression de 46,5% en 2020. Cela est colossal. Plus encore, pour Auchan le chiffre d’affaires perdu en magasin physique a largement été compensé par le digital, selon le président de l’enseigne, Edgard Bonte.
Néanmoins, cette progression n’est pas une fin en soi, et les chiffres pourraient être encore plus significatifs. Pour cela, il paraît indispensable d’augmenter la présence de l’acteur français sur l’ensemble du territoire. En effet, comme le met en avant le JDN (journal du net), Auchan délaisse des régions entières, quand des concurrents comme Carrefour sont présents sur l’ensemble du territoire français. Cela est visible sur l’illustration suivante :
Comme nous l’avons précédemment évoqué, Auchan se présente au départ sous la forme de magasins assez classiques, et s’appuyant sur des modèles détaillés par Aristide Boucicaut, Clarens Saunders, ou encore Michael Cullen à l’origine du premier supermarché. Aujourd’hui, Auchan c’est 1609 points de ventes à travers le monde, et une présence dans 13 pays, attestant de la fiabilité du modèle proposé par l’enseigne.
Or on sait qu’aujourd’hui les tendances s’articulent autour des notions de marketplaces, ou encore de Drive. En ce qui concerne les marketplaces, deux données semblent importantes à retenir :
En 2020, 31% du volume d’achats e-commerce en France est réalisé sur des marketplaces
En 2025, le volume d’achats sur les marketplaces pourrait représenter plus de 50% du e-commerce en France Sur la partie drive, Auchan a fait le choix de mettre en place des drives déportés, c’est-à-dire des entrepôts entièrement dédiés à cette fonction. Cette solution est également utilisée par le leader du drive en France, E.Leclerc. De plus, afin de contrer le déclin progressif de l’acte d’achat en hypermarchés, l’enseigne a décidé de développer les drives dits piétons. Ce sont donc 100 drives piétons prévus pour fin 2021, dans une trentaine de villes. Bien que les drives tiennent une place désormais prépondérante dans le champ de la distribution française, Auchan a décidé de devenir le pionnier d’une innovation en France, avec la création du premier magasin autonome avec Auchan Go. Ancré sur le campus de l’Edhec de Lille, le magasin commercialise plus de 500 produits sur environ 38m2 ; et présente la particularité de ne pas avoir de caisses ni de personnel visible en magasin. Cette innovation suit le processus suivant :
Téléchargement de l’application
Renseignement de son numéro de téléphone, de son adresse postale, et de sa carte bancaire pour le paiement des emplettes
Scanner le QR code pour entrer dans le magasin
Achats en prenant les produits en rayon (un système de caméras, ainsi qu’un système de balances permettent d’identifier les produits sélectionnés par le client)
Direction vers le portique de sortie (sortie avec les achats sans passer par l’étape règlement à la caisse)
Réception du récapitulatif des achats, et validation du panier (automatiquement débité sur la carte bancaire)
Si la phase de test se fait au sein de l’Edhec, c’est avant tout pour cibler un public jeune, connecté, avec une forte appétence pour le digital, et qui a des besoins de consommations ponctuels. C’est pourquoi le magasin propose principalement des produits de snacking, soit à l’image d’un distributeur automatique géant.
En résumé, le développement de ce magasin autonome répond à la principale problématique de l’entreprise : Comment assurer la cohabitation entre être une référence des hypermarchés, et devenir un leader de la consommation de proximité ?
Bien que les supermarchés et hypermarchés soient ancrés dans le paysage depuis les années 1970, depuis environ dix ans on assiste à un inversement de cette tendance, avec des consommateurs qui ne misent plus tellement sur des prix bas, mais plus sur des produits de bonne qualité. Toutefois il ne faut pas s’y tromper, les hypermarchés ne sont pas devenus obsolètes, avec des consommateurs qui continuent de se rendre dans ces lieux, notamment du fait de la diversité des produits et des prix bas qui y sont pratiqués.
Ainsi, si traditionnellement Auchan a construit son avantage concurrentiel sur la commercialisation de produits discounts, de qualité, et avec une grande quantité de choix; avec l’avènement de ce nouveau format de magasins elle vise un avantage différent, avec la mise en avant d’un service de proximité, rapide, et novateur.
Stratégie de l’entreprise
Comme cela a été évoqué précédemment, l’avènement d’un magasin autonome en France, c’est une mission qu’Auchan s’est imposée avant ses concurrents. Cela répond à la volonté de s’adapter aux mutations du marchés, et des besoins des consommateurs.
Néanmoins, pour que cela fonctionne, il est nécessaire que l’innovation remplisse des critères indispensables. Dans le cas présent, la notion de concept est centrale. Pour reprendre la définition de Dioux et Dupuis, un concept est “une combinaisons d’éléments qualitatifs et quantitatifs : éléments matériels (le hard), produits, mobiliers, caisses … et immatérielles (le soft), marketing, merchandising,design, atmosphère, sonorisation, services, gestion, …”. Auchan revêt donc beaucoup de ces aspects, notamment en termes de matériels technologiques, et encore de de merchandising.
Par ailleurs, le succès du concept consiste à identifier les de clients que l’enseigne souhaite viser. Avec la mise en place de ce premier magasin autonome, l’entreprise souhaite dans un premier lieu cibler un public jeune et étudiant, car c’est celui qui a la plus forte appétence pour le digital. Si l’expérience n’est pas concluante sur cette tranche, on peut alors considérer qu’elle a peu de chances de l’être sur d’autres cibles plus âgées.
Toutefois, si cette première expérience fonctionne et que la marque décide de la généraliser à l’ensemble du territoire, il sera nécessaire qu’il y ait une uniformité du concept. Selon Diaz-Bernardo, cela consiste en ce que le consommateur puisse “trouver une image, un design et une expérience de service similaire dans tout point de vente ayant la même marque-enseigne; à savoir, l’image de marque doit être cohérente partout dans les propriétés de la marque”.
Afin de perdurer dans le temps, nous pouvons considérer que l’enseigne a axé sa stratégie autour de quatre éléments centraux :
La diversification
Amélioration du parcours client
Le smart-retailing et le phygital
Faciliter le paiement
Premièrement, on peut considérer que la marque répond totalement à la notion de diversification, en proposant des nouveaux points de vente, qui ont pour objectif de cibler des nouveaux segments de clientèle. Dans le cas d’Auchan Go, ce nouveau segment concerne les jeunes étudiants. De plus, l’amélioration du parcours client est également une donnée centrale de la stratégie d’Auchan avec Auchan Go. En effet, aujourd’hui on sait que la volonté d’opposer le physique et le virtuel n’a plus de sens, tant ces deux concepts sont liés. Avec un magasin rapide, et totalement autonome, le choix est de proposer un parcours client simplifié et même optimisé, en réduisant les interactions et donc les possibles frictions et frustrations des acheteurs. Troisièmement, le smart-retailing et le phygital sont deux éléments clés de cette nouvelle stratégie d’Auchan. Le lien entre l’application développée par la marque, et les magasins physiques, est un vrai exemple parlant de cet aspect phygital. Par exemple, le fait de faire ses courses en physique, mais de payer via son application mobile, est une vraie avancée en ce sens. Et cela fait évidemment le lien avec la dernière stratégie de la marque, qui tourne autour de la volonté de faciliter le paiement. Ainsi, en développant toujours de nouvelles innovations, et en mettant en relation toutes les offres, l’enseigne française s’appuie donc sur un modèle de distribution en omnicanal, définie de la manière suivante : “Multiples points de contact (numériques ou non) qu’une entreprise utilise de manière active pour rentrer en contact avec ses clients et prospects, et/ou qu’elle met à leur disposition afin qu’ils accèdent à son espace commercial”
Confrontation à la littérature existante
Extraits tirés de : Rieunier, Sophie. Marketing sensoriel et expérientiel du point de vente. Dunod, 2017 Afin de comprendre les enjeux de la création d’Auchan Go, et de la volonté de créer une expérience client forte, nous nous intéresserons à cet ouvrage sur le marketing sensoriel et expérientiel. Nous choisirons donc certains passages que nous avons jugé pertinents dans le cadre de notre travail, et les analyserons.
« L’actualité nous conduit à nous interroger sur le devenir du magasin physique. En effet, ce modèle, qui semblait immuable, apparaît malmené par la montée du commerce en ligne, fruit de la troisième révolution industrielle. Ainsi, les « Department Stores » américains ont vu leur nombre de magasins diminuer de 20 % depuis 2013 (RBC Capital Markets – 2017). Ce mouvement touche également les grandes enseignes de la distribution française. En 2012, Casino avait déjà annoncé sa volonté de réduire la taille moyenne de ses magasins à 7 000 m2 alors que certaines enseignes proposent des magasins avec plus de 20 000 m2 de surface de vente. Aujourd’hui, c’est au tour de Carrefour, pionnier des hypermarchés, de constater que la bataille du non alimentaire est peut-être perdue et qu’il est préférable de porter ses efforts sur l’alimentaire en affectant les surfaces de ses magasins. ».
Cette première citation, nous permet de mettre en exergue et de justifier la tendance développée tout au long du travail, c’est-à-dire une baisse de l’importance des commerces physiques, et une réduction des surfaces de ventes des magasins. Aussi, cela induit l’émergence de nouvelles formes de distribution, parmi lesquelles le phygital tient une place prépondérante, comme cela est montré à travers l’extrait suivant :
« Aussi, la période que nous vivons pourrait marquer une étape majeure pour le commerce de détail physique. Certains posent la question de la survie du magasin physique face au commerce en ligne ; d’autres parient sur l’émergence d’un magasin phygital, fruit du mariage entre le physique et le digital. Quoi qu’il en soit, c’est sans doute la première fois que semble mise en cause la nécessité de faire se rencontrer le consommateur et la marchandise au sein d’un espace physique. »
Ainsi, afin de contrer cette tendance, nous avons vu à travers l’exemple d’Auchan que les entreprises pouvaient employer diverses stratégies. Dans l’ouvrage étudié, ce sont deux stratégies principales qui sont identifiées : “Elles ont alors le choix entre deux grandes stratégies : soit se battre sur ce terrain avec un positionnement hard discount, soit aller sur un autre terrain, plus qualitatif, au travers du développement d’un environnement d’achat particulièrement agréable et attractif.”. C’est en cela que les innovations proposées par Auchan sont intéressantes, et notamment en matière de magasins autonomes, car elles proposent aux clients une expérience optimisée et agréable, plus qu’une volonté de casser les prix au détriment de la qualité.
Aussi, la technologie tient par ailleurs une place prépondérante au sein de ces nouvelles propositions de distributions, et particulièrement les collectes de datas : “Ainsi, il est désormais possible d’avoir une idée assez précise du profil des individus qui passent devant une vitrine de magasins. Tranche d’âge, sexe, temps d’arrêt… sont autant de variables directement mesurables à partir d’une petite caméra placée en vitrine. De la même manière, il sera possible d’avoir une idée précise du trafic en magasin et de suivre le cheminement des clients. Cette connaissance client supplémentaire avantage les entreprises déjà rompues à ce travail d’analyse, mais pourra présenter des effets négatifs pour celles qui ne sauront pas faire face à cette surcharge informationnelle.”. Avec Auchan Go, cette notion est centrale, car l’ensemble du magasin fonctionne avec des caméras qui sont connectées en permanence, et qui permettent d’identifier les clients, leurs actes d’achats, mais également de les inscrire dans le CRM de l’entreprise, avec une trace de leur passage. La maîtrise de ces technologies apparaît donc essentielle, voire même indispensable à la survie et à la durabilité des magasins sur le long terme.
6- Recommandations et limites
A l’heure actuelle, nous pouvons juger qu’il est judicieux pour la marque de continuer à jouer sur son aspect omnicanal. En effet, il serait erroné de se concentrer seulement sur la partie supermarchés et hypermarchés, mais il ne faut pas non plus tomber dans l’effet inverse et les délaisser au profit des nouveaux moyens de distribution, à l’image du e-commerce, du drive ou encore des magasins autonomes. Certes, il est avéré que les français se dirigent de plus en plus vers ces solutions 2.0, mais il n’en demeure pas moins que la consommation dans les magasins physiques classiques reste encore majoritaire.
De plus, nous pourrions conseiller à la marque de capitaliser sur l’avance prise avec la création d’un premier magasin autonome bien avant ses concurrents. Il serait certainement pertinent d’ouvrir de nouveaux magasins de ce type, sur des nouvelles zones géographiques, en gardant les mêmes cibles dans un premier temps, puis en ciblant de nouveaux segments dans un second temps.
Toutefois, on sait que des limites vont se dresser devant l’enseigne. Premièrement, les coûts de la création de ces nouveaux magasins sont assez élevés, du fait d’une utilisation très active des nouvelles technologies. Aussi, comme toutes les innovations, la création de ce nouveau type de magasin ne fait évidemment pas l’unanimité, car encore trop peu connus. Le fait d’entrer sa carte bleue directement sur l’application peut représenter un frein pour certains consommateurs. Nous pensons donc qu’Auchan devra mener une campagne de communication à la fois conséquente en matière de diffusion, mais également orientée vers des éléments de réassurance essentiels pour attirer un nombre conséquent de clients. Le fait de centraliser toutes les informations des clients, de les identifier à travers des caméras, devra justifier d’une protection de ces derniers, sous peine de voir le concept rapidement remis en cause.
Compte LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/marwan-seguin-9052051a9/
Sources :
Article de recherche : Rieunier Sophie, Marketing sensoriel et expérientiel du point de vente. Dunod, « Marketing / Communication », 2017, URL : https://www-cairn-info.docelec.u-bordeaux.fr/–.htm
Voici le programme de notre 2° « émission Mark & Ting » :
1:07 : Actus par Maraike Straka, Julie Anne, Énora Cassou et Lou Derensy
7:17 : Le concept du podcast et son histoire par Marjorie Marchadier
18:10 : Interview de d’Édouard Teisseire, étudiant en 1° année en Tech de Co qui a 320 000 abonnés sur son compte TikTok (extrait.2.film), (extrait.2.film) par Alexandre Lauzeille
20:18 : Comment faire un CV avec les conseil de Nell Vella
23:42 : Article de recherche synthétisé : Cassou, F., Cliquet, G., & Perrigot, R. (2016). L’importance de la solidarité au sein des réseaux de vente au détail: le cas du commerce coopératif et associé à dominante alimentaire. Management Avenir, (7), 153-174.38:45
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Mark & Ting est proposé par des étudiant.e.s et enseignant.e.s de Tech de Co Périgueux – IUT de Bordeaux – Université de Bordeaux. C’est le rendez-vous hebdomadaire de tous les étudiant.e.s et personnes curieuses du monde du marketing !
Bienvenue dans cet épisode bonus de Mark & Ting, dans lequel nous poursuivons notre entretien avec Éric Plat, PDG d’Atol.
Dans ce bonus dédié à la jeunesse, Éric Plat insiste sur l’importance des jeunes (fonctions marketing, commerce, etc.) au sein des opticiens Atol et évoque l’attention qu’ils portent à ce qu’elle se sente bien au sein de la coopérative. Il aborde également la formation qu’ils ont mis en place : à savoir recruter des profils commerciaux afin de les former au métier d’opticien pour devenir salariés voire de devenir coopérateur à terme. En savoir plus : https://www.rejoindreatol.com/eric-plat-sur-bfm-lancement-decole-atol
Éric Plat en profite pour transmettre des messages importants aux étudiants ou jeunes professionnels tels que l’importance de rester l’esprit ouvert, d’observer, d’avoir envie d’apprendre et d’être entreprenant au travail ou dans sa vie.
Enfin, Éric Plat nous suggère différents podcasts, films et livres afin de nous enrichir et développer notre curiosité !
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Depuis quelques années, plusieurs marchés font face à de nombreux bouleversements des motivations et comportements d’achats des consommateurs en matière de consommation. Un constat auquel les entreprises ont dû s’adapter, aggravé ensuite par la crise de la covid-19, survenue fin 2019.
Ce n’est un secret pour personne, le secteur de la distribution est un secteur en constante reconstruction. Tantôt touchée par la concurrence accrue (magasins de proximité ou encore hard-discounters), puis par un contexte de crise sanitaire inédite, la distribution est mouvante, et doit chaque jour s’adapter aux nouvelles exigences du marché. En parallèle, les clients font face à une offre de produits et services toujours plus dense, c’est pourquoi l’expérience client devient déterminante dans la décision d’achat. Ainsi, un client satisfait par votre offre et la qualité proposée deviendra probablement un client fidèle.
À titre d’exemple, post covid-19, les clients recherchent des moyens faciles et accessibles pour se ravitailler, sans forcément avoir besoin de se déplacer. Ils misent majoritairement sur la livraison à domicile ou encore le click and collect. Plus attentifs sur la qualité des produits consommés, ils demandent à profiter d’une meilleure transparence et d’une nette traçabilité des produits.
Face à ses bouleversements, la distribution n’a eu de choix que de s’adapter, tout en imaginant de nouvelles stratégies pour rester en compétition : magasins ouverts 7j/7 et 24h/24, programmes de fidélité, promotions, ou encore personnalisation.
Des tendances sur lesquelles la célèbre enseigne Monoprix a semblé surfer ! Placée en première ligne pendant les confinements car faisant partie des commerces autorisés à rester ouverts, la dimension « quartier » a semblé rassembler les populations : « Nos magasins sont même devenus récréatifs pour les clients qui voulaient rompre avec la monotonie des journées et l’obligation de rester à la maison. », indique la Directrice Marketing de l’enseigne, misant sur une stratégie relationnelle en 3 points, unique en tant de crise : rassurer, rendre service et embellir.
Embellir, c’est sur cet aspect que nous attarderons aujourd’hui. Embellir la relation client, renforcer les liens et construire la préférence de marque.
L’enseigne Monoprix fut créée en 1932 à Rouen par Max Heilbronn (créateur des Galeries Lafayette), avec comme objectif premier de rendre le beau et bon accessible au plus grand nombre, et ce, en centre-ville. Dès ses débuts, l’enseigne ne se positionne donc pas comme acteur de la grande distribution, mais plutôt comme commerce de proximité. Après le lancement de ses marques propres et du paiement en libre-service, Monoprix fonde peu à peu son empire en rachetant Uniprix et Prisunic. Il devient alors leader des supermarchés de centre-ville, aujourd’hui concurrencé par Franprix, MyAuchan ou encore Carrefour Express, aux positionnements prix relativement élevés. Dans les années 2000, la marque lance le concept Monop’ ; des surfaces de vente encore plus réduites pour gagner davantage de temps pendant les courses.
En 2014, le groupe Casino devient actionnaire majoritaire, et Monoprix connaît un élan de notoriété, notamment grâce à ses campagnes humoristiques. Monoprix n’a eu cesse de se réinventer, pour ses clients citadins. Son positionnement unique et audacieux, son ton de communication et sa proximité client viennent alimenter la promesse d’une expérience client unique, sur laquelle la marque semble avoir bâtie sa légitimité. L’ensemble des prises de parole de la marque ont toujours pour ambition d’apporter une contribution positive au quotidien des clients, et ainsi leur délivrer la meilleure expérience possible. L’expérience client semble être la clé de voute de l’enseigne Monoprix, et ce sur quoi la stratégie d’entreprise repose.
Ainsi, Monoprix n’a eu cesse, pendant et hormis la crise du covid-19, de miser sur cette relation, à travers diverses stratégies et actions marketing. Cela passe bien évidemment par ses packagings originaux et humoristiques, mais aussi par ses collaborations ou mises en avant.
Dernièrement, l’enseigne a annoncé l’ouverture d’un pop-up store dédié à la réédition de ses objets cultes Prisunic. Les pop-up stores sont des magasins éphémères limités dans le temps, permettant à une marque ou une enseigne de profiter de la saisonnalité d’un marché, célébrer un événement… Il a pour objectif d’accroitre la notoriété et l’image de la marque, et ainsi impacter positivement le volume de ses ventes.
Prisunic, un magasin au service du quotidien. Né fin des 1931, l’enseigne est pionnière de l’achat par correspondance et propose un catalogue de mobilier, luminaires, vaisselles et textiles, pensés par des créateurs uniques. Monoprix et Prisunic fusionneront par la suite.
Décembre 2021, et à l’approche des 90 ans de la fusion des deux enseignes, anciennement concurrentes, Monoprix décide de rééditer des pièces exceptionnelles de 5 créateurs, ainsi que 150 des plus beaux meubles. En parallèle, le pop-up store est accompagné d’une exposition Le design pour tous : De Prisunic à Monoprix et d’un lacement unique sur le site internet de la marque.
Voici un aperçu de la boutique éphémère située avenue des Champs-Élysées, que j’ai eu l’occasion de visiter.
Nous l’avons compris, le secteur de la distribution est un secteur de plus en plus concurrentiel. Ainsi, comme l’indique l’article Le commerce de la distribution en chiffres, les géants tels que Carrefour et U ont décidé de s’adapter aux mouvances et au contexte actuel, en ouvrant des superettes de quartier. Ces magasins semblent jaillir dans la majeure partir des villes de France, proposant des horaires étendus, des ouvertures 7j/7 et des livraisons à domicile. À titre d’exemple, les revenus de la distribution de proximité étaient estimés à 11 milliards d’euros en 2017, soit 546 millions de plus qu’en 2016. De même, d’après l’étude IRA Vision 2018, le circuit de proximité est en effet le plus dynamique de la distribution alimentaire.
Malgré la forte notoriété de l’enseigne Monoprix, comme présenté ci-dessus, celle-ci doit faire face à une concurrence de plus en plus accrue. Pour cela, l’enseigne décide de miser sur la relation client, en offrant à ses clients une expérience unique. En effet, nous pouvons l’affirmer, l’expérience client dans un lieu de vente est aujourd’hui considéré comme un outil de différenciation. Contrairement à ses concurrents, Monoprix ne mise pas seulement sur les programmes de fidélité, ou encore les promotions. L’enseigne va encore plus loin en créant des lieux, des univers et des expériences uniques.
En Décembre 2021, la marque mise sur la nostalgie et le souvenir, au travers d’un pop-up store retraçant près de 90 ans d’histoire.
Article « Comment la nostalgie évoquée par le distributeur en tant que marque influence les perceptions, attitudes et comportements des consommateurs envers les produits offerts ? »
La nostalgie est une stratégie proposée par les marques qui leur confère un avantage sur la perception et le capital marque. Ces marques agissent comme des stimulus auprès des individus et la nostalgie qu’elles évoquent permet au consommateur de revivre des souvenirs. Le consommateur semble alors rassuré par ce souvenir qu’il connait, mais aussi en sécurité. Cela créée une forme de continuité sociale et identitaire.
On distingue 3 types de nostalgie :
Le souvenir personnel
Le souvenir historique
L’ancienneté perçue
Le souvenir personnel est propre à l’individu et est relatif à sa vie (enfance, famille…), tandis que le souvenir historique concerne un souvenir que l’individu n’a pas connu. Enfin, l’ancienneté perçue est plus subjective, car relate de la perception de l’ancienneté de la marque pour le consommateur. Pour certains, cette perception de l’ancienneté de la marque peut être synonyme de fiabilité et de qualité, car la marque semble avoir traversé les décennies et être restée fidèle à elle-même.
Quel que soit le type de nostalgie, il aura un impact significatif sur le comportement de l’individu. De même, on distingue également 3 types de conséquences à la nostalgie :
Perceptuelles
Attitudinales
Comportementales
Les conséquences perceptuelles sont relatives à l’authenticité et la qualité perçue par le consommateur. Ainsi, ce dernier va avoir tendance à lui attribuer le savoir-faire et l’authenticité d’antan. C’est en outre un signe de confiance et de pérennité de la marque perçu par l’individu. Face à cette perception du consommateur, on va remarquer des changements d’attitudes, suivi ensuite de d’évaluations plus favorables envers la marque. Le consommateur est plus enclin à adopter un comportement positif envers l’enseigne. Vous l’aurez compris, les conséquences comportementales sont relatives à l’acte d’achat. Ainsi, l’individu ayant répondu positivement à l’ensemble de ces stimulus, il va ensuite laisser parler ses émotions. Les émotions ont été étudiées comme un déterminant de l’intention d’achat des marques nostalgiques.
Aujourd’hui, de nombreux auteurs affirment que le lieu de distribution est un lieu où il est possible de reconstruire le passé « afin de saisir tout le potentiel de l’évocation nostalgique ». Cette stratégie, non sans impact sur le consommateur, élabore intentionnellement un univers basé sur le souvenir qui créée des émotions positives, facilitant la décision d’achat.
Prisunic est une marque ancienne connue d’une majorité du public. Créée en 1931 et disparue en 2003, elle était une référence dans le domaine de l’achat par correspondance de meubles, luminaires ou décorations. Aujourd’hui, Monoprix décide de lui recréer une âme, en misant sur les plus belles pièces ayant marqué l’histoire de Prisunic. Au travers d’une boutique retraçant l’histoire de l’enseigne, la clientèle aura l’opportunité de se voir confronter à la mode de ses années. Couleurs vives et formes originales, cette ambiance amène à se remémorer son enfance pour certains, sa jeunesse pour d’autres. Comme l’indique l’article cité ci-dessus, le consommateur revit, semble rassuré et épanoui face à ce décor qu’il connaît tant.
Pour cet événement, Monoprix mise majoritairement sur le souvenir personnel. L’objectif de la marque est de favoriser l’impulsion, et non la réflexion autour de l’achat. Le consommateur fait référence à ses images et ses souvenirs, qui font peu à peu disparaître sa raison. Il se rappelle de ce fauteuil sur lequel son père s’asseyait pour lire son journal. Il se rappelle également du vase dans lequel sa tante mettait les roses du jardin. Cette ambiance particulière fait oublier le quotidien au consommateur ; c’est une parenthèse d’émotions.
Ensuite, ce même client va songer à sa qualité, « c’est vrai qu’il était confortable, et papa et maman l’ont gardé longtemps. ». Inconsciemment, il va associer qualité à la marque, et ainsi faire émerger de nouvelles émotions positives. Par la suite, il l’évaluera, et adoptera probablement un comportement positif envers la marque, impactant la décision d’achat.
Conclusion
Pour conclure, nous pouvons affirmer que malgré la concurrence grandissante sur le secteur de la distribution, et particulièrement de proximité, Monoprix demeure l’un des meilleurs. Outre la distribution de produits du quotidien, l’enseigne a su créer autour d’elle un environnement unique, au point qu’il n’est pas rare que vous ayez déjà entendu un « On va au Monop’ ? ». En misant sur la proximité client et la relation privilégiée, l’enseigne s’est créé un véritable capital marque.
Pour aller encore plus loin, elle crée des lieux d’émotions, laissant place à la magie et au souvenir, tel que le pop-up store Prisunic. Marque emblématique du 20ème siècle, Prisunic s’est démarquée par son offre de pièces uniques créées par des designers. Au sein de son adresse située aux Champs-Élysées, Monoprix refait vivre à ses clients leurs plus belles années. Pièces emblématiques et reconstitution d’histoire, l’enseigne mise sur l’émotion et la nostalgie, qui, nous avons vu, ont un impact positif significatif sur la décision d’achat.
L’enseigne leader de la proximité n’a rien à envier à ses concurrents, bien au contraire. Malgré une stratégie de prix élevée, son positionnement unique (ton employé, proximité, expérience et relation client) lui permet de conserver une place difficilement détrônable dans l’esprit de ses clients. Au-delà de son statut d’enseigne de distribution, c’est aussi un vecteur d’émotions, que l’on retrouve dans divers lieux à l’occasion d’événements ou de pop-up stores par exemple. Encore une fois, la marque nous montre son unicité.
La marque doit continuer à assurer cette différenciation en innovant ou employant de nouvelles stratégies par exemple, afin de fonder sa préférence de marque dans l’esprit des consommateurs. Elle doit également privilégier le souvenir personnel, différent pour chacun, mais évoquant, à différentes échelles, des souvenirs ou anecdotes, qui engendreront des comportements positifs. Néanmoins, nous avons également vu que la qualité et l’authenticité sont aussi des antécédents à l’acte d’achat, à ne donc pas sous-estimer.
Article de recherche : “Comment la nostalgie évoquée par le distributeur en tant que marque influence les perceptions, attitudes et comportements des consommateurs envers les produits offerts ? » – dial.uclouvain.be – R Mission, V Swaen
Pour notre premier invité, nous avons eu le privilège de recevoir Éric Plat, Président-Directeur général d’ATOL les opticiens. Il revient sur l’histoire de la marque, l’évolution de leur stratégie de communication et marketing, leurs innovations comme leurs lunettes pour les dyslexiques, leur démarche citoyenne avec leur nouveauté ONEO (lunettes écoresponsables et fabriquées en France), sa perception du métavers en tant qu’opticien et entrepreneur et la place centrale qu’occupent leurs points de vente dans la stratégie d’ATOL. En tant qu’ancien président de la FCA, Éric Plat revient sur les spécificités du commerce coopératif et associé et l’importance de l’humain. Il revient également sur son parcours, son déclic pour l’entrepreneuriat, les expériences marquantes de son parcours avec son souci de « provoquer » la chance. Pour terminer, Éric Plat revient sur l’une de ses plus grandes satisfactions professionnelles.
Cet entretien était d’une telle richesse que nous avons choisi d’isoler un thème de l’entretien à savoir Atol & les jeunes avec les conseils d’Éric Plat à cette jeunesse dans un épisode » bonus » qui sortira mardi prochain.
Nous tenons à remercier fortement Éric Plat pour ce très bel échange que ne sont pas prêtes d’oublier nos deux étudiantes intervieweuses, Lou et Énora.
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Mark & Ting est proposé par des étudiant.e.s et enseignant.e.s de Tech de Co Périgueux – IUT de Bordeaux – Université de Bordeaux. C’est le rendez-vous hebdomadaire de tous les étudiant.e.s et personnes curieuses du monde du marketing !
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Depuis ces dix dernières années, la grande distribution doit apprendre à se transformer pour pérenniser son modèle face à de grandes innovations. On voit émerger de nouvelles tendances, de nouveaux acteurs et de nouveaux outils venant bouleverser ce secteur. La crise sanitaire du Covid 19 a même amplifié ces tendances. On observe un boom de l’intelligence artificielle, un passage de la multicanalité à l’omnicanalité jusqu’au client connecté, un accroissement de l’utilisation des réseaux sociaux, une RSE au cœur de la stratégie des entreprises, une émergence des magasins autonomes et bien d’autres.
Et c’est Monoprix qui a su se mettre au goût du jour. Alors qu’en mars 2020, l’enseigne appartenant au groupe Casino inaugurait un centre de distribution de 36 000 m2 dédié à l’e-commerce alimentaire, entièrement robotisé via la solution “clé en main” de l’acteur britannique Ocado pour une livraison à J+1, c’est le jeudi 14 octobre 2021 qu’elle inaugure son nouvel entrepôt de 100 000 m2, robotisé par Exotec. Grâce aux petits robots de cette start-up, l’enseigne pourra livrer toute son offre non alimentaire en limitant au maximum son impact sur l’environnement. Quels enjeux ? Augmenter sa productivité et absorber le développement du e-commerce.
A travers une étude documentaire et un article de recherche, nous allons analyser en quoi cette innovation permettra à Monoprix de faire face à la concurrence sur un marché en pleine expansion.
Analyse de l’environnement
Forces
Faiblesses
● Implantée au cœur des centres-villes ce qui lui permet de toucher une clientèle avec un plus fort pouvoir d’achat ● Positionnement Premium qui justifie sa place de leader des magasins populaires ● Pionnière du commerce de proximité ● Enseigne soucieuse de l’environnement (développement de gamme bio, réorganisation du système de livraison…) ● Fort attachement du consommateur à l’enseigne ● Des codes visuels affirmés créant un véritable marketing de marque unique ● Enseigne qui ne cesse d’innover grâce à la création d’un poste de Directeur Concept et Innovation (flagship beauté, partenariats avec des acteurs de la foodtech, storytelling poussé dans les vitrines…) ● Développement de la marque vers le digital : application Monoprix et Moi, partenariat commercial avec Amazon, possibilité de courses en ligne, drive… ● Domaines d’activité variés : mode, alimentaire, maison, beauté Fort capital de confiance et de sympathie
● L’implantation en centre-ville limite l’accessibilité (stationnement, capacité d’accueil) ● Prix élevés ● Enseigne perçue comme chère par les consommateurs ● Présente seulement en centre-ville, ne permet pas de concurrencer directement les enseignes présentes en périphérie
Opportunités
Menaces
● Montée en exigence concernant la qualité des offres, ce qui favorise l’achat du Premium ● Développement du commerce de mobilité et d’autres modes de consommation : click & collect, livraison à domicile… ● Clientèle aisée habitant en centre-ville ● Plus grande ouverture d’esprit des consommateurs sur la technologie ● Hausse de l’importance de la protection de l’environnement
● Accentuation de la sensibilité au prix, notamment pour les étudiants habitant en centre-ville ● Concurrence rude sur le City Commerce avec le développement de Carrefour City ● Des acteurs tendances comme concurrents de taille (ex : Uber Eats, Deliveroo) ● Crise sanitaire du Covid 19 : fermeture des rayons “non essentiels” (mode, beauté, décoration)
A partir de l’analyse ci-dessus, nous pouvons en déduire les facteurs clés de succès (FCS) pour perdurer sur le marché du commerce de détail. L’omnicanalité est le maître mot pour faire face aux concurrents et aux nouvelles tendances et innovations. C’est l’intégration de tous les canaux de vente d’une marque dans le but d’offrir aux consommateurs une expérience plus satisfaisante. Le client doit pouvoir acheter ATAWADAC : any time, any where, any device, any content. En découle donc naturellement un deuxième FCS qui est de créer une véritable expérience client unique. Cela passe par diverses méthodes comme la phygitalisation, le développement de l’intelligence artificielle, la théâtralisation des points de vente, un SAV maîtrisé et à l’écoute de son interlocuteur, des tests produits, des conseillers de vente qualifiés… C’est à l’enseigne d’évaluer la stratégie la plus pertinente qui sera adaptée à son offre, son positionnement et ses cibles. Enfin, une adaptation de sa logistique au service de l’environnement et de la productivité paraît un élément évident, notamment pour Monoprix, pour satisfaire le client de plus en plus exigeant, maîtriser son image et devenir une entreprise de demain.
Présentation du point de vente et sa problématique centrale
Monoprix est une entreprise fondée en 1932, avec son tout premier magasin à Rouen. Elle appartient au secteur du commerce et de la distribution et est essentiellement implantée en centre-ville soit dans 85% des villes de plus de 50 000 habitants. C’est un commerce de détail, de vente en ligne et de proximité de produits alimentaires et non alimentaires (beauté, mode, maison). Son objectif est de “rendre le beau et le bon accessible à tous, en centre-ville”.
Monoprix à Périgueux dans les années 1940 – Source : https://www.mark-et-ting.com/monoprix-perigueux-annees-1940/
L’enseigne est à l’origine du retour des formats de proximité en France grâce à son enseigne Monop’ fondée en 2005 (implantée dans les quartiers d’affaires et les zones résidentielles. Son offre : prêt à consommer, épicerie et produits frais). Elle bénéficie d’une image citadine, voire d’épicerie fine pour les Parisiens. Concernant l’alimentaire, c’est une marque gourmande, inventive et à l’écoute des tendances avec une offre qui cultive la curiosité de ses clients. Au niveau de la beauté, elle offre un large choix de marques (Yes To, Au Poil, YOU ARE, Natura Siberica, The Balm, Bye Bye Racines, Kajame…) et des produits de plus en plus tournés vers le Bio. C’est également un acteur incontournable de la mode citadine et tendance avec un style casual, chic et urbain. Enfin, son offre Maison avec une approche lifestyle est dans la lignée de leur dicton “tout sous le même toit” avec un design audacieux et accessible à tous.
et bien d’autres évolutions au niveau de ses engagements… Regardons maintenant quelques chiffres.
Monoprix détient 11 marques propres dans tous ses univers.
Par ailleurs, on remarque que l’omnicanalité est pour Monoprix un synonyme de liberté pour le client qui peut s’organiser et réaliser ses achats sur différents canaux complémentaires. Par exemple, 60% des commandes Mode sont passées sur Monoprix.fr et sont livrées en magasin. L’articulation e-commerce et magasins physiques permet de rendre accessibles toutes les expériences d’achat, partout et à chaque instant.
Soucieuse de l’environnement, Monoprix a su évoluer rapidement avec les nouvelles tendances du marché et de l’environnement. A travers l’ensemble de ses évolutions, on distingue clairement la problématique centrale de l’organisation qui est la protection de l’environnement. La création d’un nouvel entrepôt zéro carbone permet de renforcer ses valeurs et engagements et de créer un véritable avantage concurrentiel. Cette innovation permet également de soulever une autre problématique : la productivité. Mais, en se plaçant d’un point de vue RSE, cette dernière ne serait-elle pas contraire aux valeurs de la marque si on soulève la problématique de l’emploi ?
Le nouvel entrepôt robotisé zéro carbone
Comme dit précédemment, Monoprix n’a cessé d’innover depuis sa création. On remarque très clairement qu’elle se base sur une stratégie d’expansion en implantant ses points de vente en centre-ville. Après un centre de distribution de 36 000 m2 entièrement robotisé pour l’alimentaire, des améliorations pour créer des points de vente 2.0, un développement de gammes biologiques, de nouveaux moyens d’acheminement et j’en passe, elle cherche aujourd’hui à améliorer ses performances et ses engagements écologiques.
C’est pour cela que l’enseigne inaugure, le 14 octobre dernier, un nouvel entrepôt de 100 000 m2 robotisé en Seine-et-Marne. Le but est de livrer toute l’offre non alimentaire (mode, décoration, parfumerie, hygiène ainsi que la catégorie des boissons sans alcool) grâce aux robots de la start-up Exotec en limitant au maximum l’impact sur l’environnement. Un véritable challenge puisque c’est la première plateforme logistique carbone neutre au monde, soit une neutralisation de 150 000 tonnes de CO2, soit l’équivalent de la production annuelle d’une ville française de 16 000 habitants. Mais comment est-ce possible ? Découvrons les moyens utilisés par le géant Prologis, spécialiste de l’immobilier logistique, à l’initiative de cette innovation, et ses enjeux.
Créer un entrepôt neutre en carbone passe par une réduction des déchets de chantier, l’utilisation de matériaux recyclés, de charpente en bois, d’un système de géothermie pour capter la chaleur de l’été et la stocker dans le sol, des panneaux photovoltaïques générant 25% de l’énergie menant à un résultat considérable : 80% de la production de gaz à effet de serre est anéantie. Que s’est-il donc passé avec les 20% restants ? Puisque l’on parle d’un entrepôt neutre en carbone. Et bien pour compenser, des arbres ont été plantés.
Pour parler plus en profondeur des robots, on évoque les petits robots Skypods de la start up Exotec. Ces petites merveilles sont capables de préparer les commandes environ 4 fois plus vite que dans un entrepôt manuel. On remarque d’autres enseignes utilisant cette technologie comme Uniqlo, Decathlon, Cdiscount (groupe Casino).
Les robots seront guidés en temps réel et se déplacent dans les trois dimensions. Ils s’adapteront à l’architecture de l’entrepôt qui propose un stockage allant jusqu’à 10 mètres de haut afin d’optimiser l’espace et l’empreinte au sol.
Grâce à ces robots, Monoprix prévoit l’expédition de 45 millions de colis par an, soit 25% de l’activité du transit national de Monoprix, ce qui lui permettra de contrer les pure players comme Zalando, Amazon et LaRedoute sur l’offre textile. Cet entrepôt gérera toute la logistique non alimentaire de la marque et permettra à Monoprix de stocker les produits destinés à l’approvisionnement de ses magasins et à la livraison des commandes réalisées sur Monoprix.fr. Les robots permettraient normalement d’absorber la croissance de l’activité e-commerce Monoprix. Grâce à l’intégration de la RFID (Radio Frequency Identification), le potentiel de stockage du site e-commerce sera doublé, le délai de traitement des commandes sera accéléré et la qualité du service client sera améliorée. Cette nouvelle technologie sera exploitée pour une durée minimale de 12 ans.
Avec cet outil logistique, Monoprix s’affirme désormais parfaitement équipé pour, dans le cadre de sa stratégie 2030, concrétiser son ambition de croissance omnicanal et contribuer à son objectif de diviser par 2 ses émissions de gaz à effet de serre.
Concernant l’emploi, la robotisation permettra de réduire la pénibilité du métier de préparateur de commandes. Mais, l’emploi des salariés de Monoprix est-il menacé ?
Confrontation à la littérature
“Not so disruptive yet? Characteristics, distribution and determinants of robots in Europe”, Structural Change and Economic Dynamics, Enrique Fernández-Macías, David Klenert, José-Ignacio Antón, 01.05.2021
Cet article de recherche analyse les données sur les robots industriels dans les secteurs manufacturiers européens et en particulier les applications et les caractéristiques des robots industriels, leur répartition entre les pays et les secteurs et les principaux facteurs qui sont corrélés à l’adoption des robots, tels que les niveaux de salaire et les prix des robots. Il permet d’analyser quels types de tâches sont effectivement effectuées par ces robots, et comment elles se comparent aux tâches effectuées par les travailleurs humains dans les secteurs concernés.
À la suite de la crise financière mondiale de 2008, l’impact des technologies d’automatisation sur l’emploi a fait l’objet d’un débat croissant et souvent anxiogène. L’idée sous-jacente est que les technologies d’automatisation ont un impact très perturbateur sur l’économie, rendant obsolètes de nombreuses formes d’emploi actuelles. Dans l’imaginaire du public, les robots incarnent les craintes de non-emploi technologique et d’obsolescence humaine. Il n’est donc pas surprenant que, dans le contexte des débats actuels sur la technologie et l’emploi, le déploiement des robots et leur effet sur l’emploi suscitent un regain d’intérêt. Les robots (machines capables d’effectuer des tâches productives avec un certain degré d’autonomie) existent depuis un certain temps déjà et sont largement utilisés dans les industries manufacturières. La révolution numérique a eu un impact important sur la technologie des robots, car l’utilisation du contrôle algorithmique et des capteurs numériques permet d’augmenter considérablement la flexibilité et l’autonomie des robots. Il est donc très pertinent de se demander dans quelle mesure les technologies robotiques actuelles ont déjà eu un effet significatif sur l’économie, et de quelle nature. En particulier, parce que l’ajout de capacités d’IA dans un avenir proche pourrait encore élargir la gamme de capacités des robots, ce qui pourrait également renforcer leurs effets sur l’emploi.
Il n’est pas facile de répondre à la question de savoir si les robots industriels actuels constituent ou non une technologie perturbatrice. Des faits sont identifiés et font défaut dans les débats actuels sur les robots industriels en Europe. En analysant les applications des robots industriels dans la fabrication européenne, il est montré que ces types de robots sont essentiellement des versions plus sophistiquées des technologies d’automatisation précédentes. Plus important encore, ils n’impliquent pas de rupture ou de perturbation significative en termes de types de tâches qu’ils peuvent accomplir ou en termes de nature de ces tâches. Les types de tâches que les robots actuels peuvent accomplir sont déjà marginaux en termes d’apport de main-d’œuvre. En partie à cause de l’effet des précédentes vagues d’automatisation, la quantité de travail physique répétitif utilisée dans la production est déjà assez faible, même dans le secteur manufacturier. Dans les économies avancées, la majeure partie de la main-d’œuvre est aujourd’hui affectée à des tâches impliquant la résolution de problèmes, le traitement de l’information ou l’interaction sociale, qui dépassent les capacités des types de robots actuellement utilisés en Europe.
Suite à cette étude et les informations tirées principalement de la World Robotics Database, on comprend donc que, contrairement à la croyance populaire, les types de robots largement utilisés dans le secteur manufacturier aujourd’hui n’impliquent pas une discontinuité en termes d’automatisation et de possibilités de remplacement de la main-d’œuvre. Au contraire, la technologie robotique actuelle est mieux comprise comme l’itération la plus récente de technologies d’automatisation industrielle qui existent depuis très longtemps. Ces technologies ont sans doute eu leur plus grand impact il y a plusieurs générations, expliquant en partie les changements dans les structures de l’emploi dans les secteurs agricole et manufacturier qui remontent à la révolution industrielle. Ainsi, les effets potentiels sur l’emploi de la technologie actuelle des robots sont a priori limités. Les robots industriels sont plus susceptibles de remplacer des robots antérieurs que des travailleurs humains.
Pour rebondir sur Monoprix, une vingtaine d’emplois de préparateurs pourraient être supprimés. A côté de ça, des postes seraient créés pour l’IT (technologie de l’information) et la supervision. 400 personnes pourront travailler dans cet entrepôt, soit autant que dans les trois sites précédents. De plus, l’enseigne prévoit quelques dizaines de recrutements dans les mois à venir.
Critiques et recommandations
Certains emplois seront donc supprimés notamment le poste de préparateur de commandes. L’enseigne devra donc veiller à inciter à la formation des salariés dont le poste sera supprimé afin de leur proposer une modification de leurs missions ou un tout nouveau poste. La période de crise sanitaire n’étant déjà pas facile, un soutien des salariés est essentiel.
De plus, Monoprix n’est pas la seule enseigne à miser sur l’intelligence artificielle pour gagner en productivité et améliorer son offre. En début d’année 2O21, Walmart, entreprise américaine transnationale spécialisée dans la grande distribution, a ouvert son premier drive robotisé. Aussi, Carrefour quant à lui expérimente le picking automatisé, c’est-à-dire l’utilisation de solutions robotisées qui couvrent l’intégralité des opérations de préparation de commandes : le prélèvement, l’extraction, la manutention, le conditionnement et l’expédition des marchandises.
Par ailleurs, de nombreux partenariats avec les plateformes de livraison voient le jour : Franprix & Deliveroo, Carrefour & Uber Eats, Shopopop & Leclerc. Ces enseignes alimentaires ont su optimiser la livraison du dernier kilomètre. Il est essentiel de mener une veille permanente afin de ne pas perdre la clientèle.
Enfin, on note de nombreux efforts au niveau environnemental de la part de Monoprix. Aujourd’hui, de nombreuses associations spécialistes et attentives au greenwashing analysent les engagements des marques. Il faut donc rester vigilants.
Article de recherche : “Not so disruptive yet? Characteristics, distribution and determinants of robots in Europe”, Structural Change and Economic Dynamics, Enrique Fernández-Macías, David Klenert, José-Ignacio Antón, 01.05.2021
Voici le programme de notre 1° « émission Mark & Ting » :
2:04 : Actus par Naïs Pallard, Nell Vella, Marjorie Marchadier et Julianne Lebreton.
9:17 : Histoire du marketing par Fabrice Cassou. Sources : Volle, P. (2011). Marketing: comprendre l’origine historique. MBA Mark, 23-45 ; Kotler P., Manceau, D., & Keller, K. L. (2017). Marketing management. Pearson France ; lien vers le visuel de la tablette de chocolat Félix Potin : https://www.mark-et-ting.com/felix-potin-2eme-pionnier-du-commerce/
29:24 : Article de recherche synthétisé par Fabrice Cassou : Celhay, F., Masson, J., Garcia, K., Folcher, P., & Cohen, J. (2017). Design graphique du packaging et innovation: Une étude comparative des codes visuels des vins de Bordeaux et de la Barossa Valley. Recherche et Applications en Marketing (French Edition), 32(2), 48-75.
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Mark & Ting est proposé par des étudiant.e.s et enseignant.e.s de Tech de Co Périgueux – IUT de Bordeaux – Université de Bordeaux. C’est le rendez-vous hebdomadaire de tous les étudiant.e.s et personnes curieuses du monde du marketing !
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