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Carrefour : vers un nouveau plan stratégique « digital centric »

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Depuis sa création en 1959, Carrefour, groupe français du secteur de la grande distribution fait figure de référence. Pionnier du concept d’hypermarché en 1963, l’entreprise tente de se réinventer un peu plus chaque jour, en limitant au maximum les erreurs stratégiques. Malheureusement, erreur il y a eu, lorsque le groupe décide de ne pas miser sur le Drive il y a quelques années. Conséquence ? Son principal concurrent E.Leclerc se lance sur ce concept et prend largement le leadership en terme de parts de marché.

Mais aujourd’hui, Carrefour veut se donner les moyens de concurrencer les géants américains Amazon et Walmart. Dans ce sens, le 9 novembre 2021 a sans doute marqué un nouveau tournant dans l’histoire de Carrefour. En effet, ce jour-là, Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, a profité du Digital Day pour annoncer un nouveau plan stratégique lié au digital. Celui-ci ayant pour finalité l’atteinte de 10 milliards de volume d’affaires e-commerce d’ici 2026, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. Pour ce faire, Carrefour prévoit un investissement de 3 milliards d’euros à moyen terme, soit 50% de plus que le plan précédent.
Cette nouvelle stratégie e-commerce s’est bâti autour d’une réalité ou plutôt d’une notion de plus en plus présente au sein de la société de consommation de nos jours : l’omni-canalité. En effet, un client omni-canal dépense plus qu’un client qui achète uniquement en magasin. Lors des trois dernières années, Carrefour a réalisé des études à propos des clients qui achètent uniquement en magasin et qui ensuite deviennent des clients omni-canaux. Au bout d’un an, le client omni-canal dépense 22% de plus par rapport au client qui achète uniquement en magasin, cela passe à +27% au bout de deux ans. À cela s’ajoute l’augmentation du panier moyen (+7%) et celle de la fréquence d’achat (+15%). L’avènement du digital et l’explosion du e-commerce, grandement aidée par la crise sanitaire liée à la COVID-19, représente un défi de taille pour Carrefour. Pour atteindre ces objectifs, le groupe souhaite développer toutes les formes d’e-commerce alimentaire. Drive, livraison express (moins de 3 heures), quick commerce (moins de 15 minutes)… Carrefour veut renforcer son leadership sur la livraison à domicile dans ses marchés clés.

Problématique : Comment Carrefour compte-t-il réussir sa transformation digitale ?

À travers cette étude documentaire, nous allons aborder les choix stratégiques que souhaitent prendre Carrefour afin d’emprunter un virage digital optimal.

Opportunités
– De nouveaux modes de consommation et d’achat en hausse exponentielle : e- commerce, click&collect, livraison à domicile, Drive
– Poussée de l’e-commerce alimentaire
– Omnicanalité : génère une consommation plus importante de la part des consommateurs
– Croissance des secteurs de la livraison express, du quick commerce, etc

Menaces
– Une concurrence de plus en plus accrue – 9 acteurs déjà sur le secteur du quick commerce
– Méfiance certaine des consommateurs (greenwashing) et exigence renforcée de leur part

Forces
– Positionnement omnicanal qu’Amazon n’a pasàsingularité de l’enseigne
– Carrefour Links (commercialisation de publicité auprès des marques) : pénétration du marché du retail media
– Important moyens financiers : 3 milliards d’euros investis à moyen terme
– Important moyens humains : formations digital en partenariat avec Google pour tous les employés / plateforme « Workplace from Meta »
– Pas de cannibalisation entre les achats faits en magasin et ceux faits en e- commerce
– Depuis 2018, triplement du CA en e-commerce alimentaire
– Partenariat avec Uber Eats (Carrefour Sprint) et Cajoo notamment pour pénétrer le marché de la livraison Express et le Quick Commerce
Nombreux partenariats : Tencent, Google, Glovo, Uber Eats, DejBox, Potager City …
– Création de 70 centres de préparation de commandes dans le mode pour le click&collect et la livraison à domicile
– Adaptation de magasin pour répondre aux livraisons e-commerce en Quick commerce
– Développement d’un outil d’optimisation du picking des produits

Faiblesses
– Carrefour est un groupe très ancrée dans le « physique »
– Du retard pris sur le Drive notamment sur son principal concurrent Leclerc

Il existe plusieurs facteurs clés de succès sur le marché du retail. Le premier consiste à proposer une offre de produits et services en cohérence avec le positionnement de l’entreprise. En effet, le retail offre différents choix en matière de positionnement. On peut parler de grands magasins, de supermarchés, de magasins spécialisés aux stratégies de prix, de distribution, de merchandising par exemple bien différentes. La stratégie marketing doit donc être adaptée au positionnement que l’on prend pour pouvoir exister sur le marché du retail.

Un deuxième FCS consiste à avoir une organisation et une gestion de la logistique impeccable. Il est essentiel de maîtriser les achats auprès des fournisseurs et la gestion des stocks de la marchandise afin de les minimiser et d’éviter un maximum les ruptures de stocks qui peuvent être source de perte définitive de client.

Enfin, un troisième FCS pour perdurer sur le marché est en lien avec le personnel de l’entreprise. Les clients sont aujourd’hui préoccupés par le fait de vivre une expérience d’achat agréable. Ceci passe par une relation client-vendeur forte et conviviale qui se matérialise par des employés compétents, impliqués, communicants, bienveillants et surtout au service du client. La notion de « client centric » doit être au cœur de la stratégie des organisations.

Le réseau Carrefour

Depuis une soixantaine d’année, Carrefour ne cesse de se renouveler en s’adaptant aux évolutions du marché afin de se calquer aux nouvelles attentes des consommateurs et à leurs nouveaux modes de consommation. L’enseigne souhaite aujourd’hui relever le grand défi qui s’offre à elle c’est-à-dire s’imposer comme le leader et devenir la référence en matière de formats tels que le quick commerce ou la livraison express.

Actuellement, le réseau de distribution de Carrefour se décline sous plusieurs formats de points de vente :

• Magasins de proximité : ces magasins aux surfaces de vente allant de 200 à 900 m2 sont des enseignes du quotidien. Elles proposent une offre locale, des prix compétitifs et des horaires d’ouverture large. Il existe 7 193 magasins de proximité dans le monde et 3 959 en France.

o Carrefour Express
o Carrefour City
o Carrefour Contact
o Carrefour Bio
o Carrefour Montagne
o 8àHuit
o Proxi

  • Supermarché : ces enseignes de surfaces comprises entre 1 000 et 3 500 m2 proposent un large choix de produits frais et locaux ainsi qu’un assortiment de produits non alimentaires adapté à une clientèle présente en ville et en zone rurale. On compte 3 423 Carrefour Market dans le monde et 1 071 en France qui fait partie de l’un des leaders mondiaux de la distribution.
    o Carrefour Market
  • Carrefour Hypermarché : adapté pour les grandes courses, les 1 207 hypermarchés dans le monde (dont 248 en France) mettent à disposition des clients un assortiment de 20 000 à 80 000 références de produits pour une surface de vente allant de 2400 à 23 000 m2. Les clients peuvent profiter de produits alimentaire et non alimentaire mais également de services pratiques tels que banque et assurance à des prix toujours compétitifs. 1 207 hypermarchés dans le monde / 248 hypermarchés en France.
  • Cash & carry : ce format de magasin propose aux commerçants, professionnels et restaurateurs une gamme importante de produits alimentaire et non alimentaire, à l’unité ou en conditionnement multiple à prix de gros. Il existe 413 magains cash&carry dans le monde dont 146 Promocash en France.
    o Atacadao (Brésil)
    o Promocash (France)

Carrefour est le premier réseau de franchise alimentaire. Les points de vente Carrefour Market, Carrefour Express, Carrefour City, Carrefour Contact, Carrefour Bio, Carrefour Montagne, 8 à Huit et Proxi peuvent être franchisés. Pour ce faire, le Groupe propose deux possibilités que sont la location-gérance qui demande un apport personnel réduit et qui permet au franchisé de devenir propriétaire du magasin en 3 ans environ et la franchise classique qui demande un apport personnel plus important mais où le franchisé est propriétaire du magasin dès le départ.
Lancé en 1960, le réseau de franchise compte aujourd’hui 5 424 franchises. Cela constitue un avantage certain pour le Groupe dans la mesure où cela lui permet un développement national et international plus rapide et un maillage territorial plus performant.

Choix stratégiques ou stratégies de développement

Comment Carrefour compte-t-il réussir sa transformation digitale ?

Depuis bon nombre d’années, Carrefour utilise en France une stratégie d’expansion. Le groupe s’est implanté massivement dans de nombreuses villes françaises. De plus, fort de ses 13 000 magasins dans le monde, la stratégie de Carrefour est aussi une stratégie d’internationalisation. Le Groupe recherche de la croissance au niveau de son chiffre d’affaires en exportant son activité à l’international.

Mais aujourd’hui, l’enseigne Carrefour se tient prête à relever un nouveau défi : celui de réussir sa transformation digitale. Pour ce faire, l’enseigne va s’appuyer sur d’importants investissements financiers mais également sur des investissements matériels. Dans ce sens, Carrefour prévoit une révolution de son système de caisse. Près de 67 000 systèmes de caisse traditionnels dans le monde avec une solution interne développé en Open Source appelé « Smartops » vont voir le jour. Ces solutions vont permettre de meilleures interactions avec le client et surtout des interactions plus personnalisées et fluides grâce à un passage en caisse plus rapide et intelligent.

De plus, une application mobile, nommée « u.care » va être mise à disposition des employés afin de multiplier leur efficacité. Cette application va faciliter la mise en rayon et le « picking » des produits dans les rayons pour préparer de façon optimale les commandes du e-commerce effectuées dans des magasins de Carrefour. Grâce à cette application, tous les employés pourront se parler entre eux et ceci pour un gain de temps énorme.

Carrefour tend à la diversification en ouvrant notamment un nouveau concept test « Flash 10/10 ». Ce magasin, conçu à partir de l’idée de pouvoir faire ses courses en 10 secondes et payer en 10 secondes, a pour but d’offrir une expérience rapide et fluide aux clients. C’est le 25 novembre 2021 que Carrefour a ouvert un magasin de 50 mètres carrés dans le 11ème arrondissement de Paris. Ce magasin dispose de particularités. En effet, il offre une expérience et un parcours d’achat tout nouveau : on entre dans le magasin, on sélectionne les produits que l’on souhaite et au moment du paiement on présente juste les produits devant une tablette et ils s’affichent directement sur l’écran. Plus besoin de sortir les articles du sac. L’étape du scan en caisse disparaît. Il n’y a plus qu’à valider son panier sur l’écran et payer sans contact sur la tablette ou sur une caisse automatique.
On note l’absence de caissières et de caissiers, il n’y a plus que 4 employés. Les horaires sont semblables à celles d’un magasin de proximité classique.
Carrefour s’appuie sur un modèle de magasin qui fait fureur dans la grande distribution depuis qu’Amazon s’est lancé sur ce marché avec son magasin, Amazon Go.
Ce concept est possible grâce aux 60 caméras installées dans le magasin, qui observent les clients depuis les murs et le plafond, via une technologie spéciale. Un algorithme représente le client sous la forme de points et de traits comme un petit bonhomme en bâton, qu’on peut suivre dans le magasin jusqu’à la caisse. Il existe 2 000 capteurs de poids disposés sur les étagères qui complètent le système, pour définir exactement quels produits ont été pris. L’exactitude du système est évaluée à 96%. Il demeure certaines règles à respecter pour le client : celui qui paye doit prendre tous les produits et il est préférable d’éviter de se passer les produits de main en main.

Carrefour souhaite s’imposer comme le numéro un dans les formats à plus forte croissance tels que la livraison express et le quick commerce. Ceci semble constituer le prochain grand défi à relever pour Carrefour. Pour ce faire, Carrefour compte investir près de 3 milliards d’euros en Capex ( » dépenses d’investissement de capital « ) sur 5 ans.

Aussi, afin de favoriser une transformation digitale efficace et anticiper ce que sera le e-commerce de demain, Carrefour a conclu de nombreux partenariats stratégiques avec des gros acteurs du digital comme Tencent ou Google. Ces entreprises conçoivent pour Carrefour les futurs services digitaux qui vont simplifier, personnaliser et enrichir l’expérience client, en magasin et surtout en e-commerce.
Dans le même temps, l’enseigne signe d’autres partenariats avec des acteurs de plus en plus connus de la livraison rapide et du commerce en ligne un peu partout dans le monde. On peut évoquer Glovo pour le marché de l’Amérique latine, Uber Eats en Europe. Plusieurs autres start-up digitales ont rejoint récemment le giron de Carrefour : Sorgente Natura en Italie, DejBox et Potager City en France par exemple.

Au-delà des moyens financiers et matériels, le groupe souhaite également mettre en place des moyens humains. D’ici 2024, Carrefour va faire en sorte que l’ensemble de ses employés bénéficient de formations dédiées au digital en partenariat avec Google. L’enseigne va aussi mettre à contribution Facebook afin de fluidifier les échanges et encourager l’innovation avec la mise à disposition de la plateforme de communication « Workplace from Meta ».

« Nous bâtissons notre futur numérique sur un fait clé, la valeur de l’omnicanal ». Par cette phrase, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, fait bien comprendre que l’enseigne Carrefour souhaite s’appuyer sur l’omnicanalité. Un panier moyen plus élevé, une fréquence d’achat qui augmente, un taux de rétention des clients plus important… tous ces indicateurs économiques tendent à dire que l’omnicanalité apporte de la valeur additionnelle au modèle économique du groupe. L’e-commerce joue en rôle majeur dans ce gain de valeur, d’où l’importance de se concentrer toujours plus sur cette notion d’omnicanalité pour Carrefour.

Confrontation à la littérature

L’article « La digitalisation des entreprises : une opportunité pour leur performance économique » publié dans le « Journal of Contemporary Business and Economic Studies » le 20/07/2021 par Lahchame Kasmia et Djilali Chafik, nous éclaire sur l’importance de la digitalisation de nos jours dans les entreprises et la nécessité pour ces dernières de s’adapter en permanence à cette révolution numérique afin d’améliorer leurs performances économiques et commerciales.

Nous allons observer comment Carrefour compte utiliser cette notion de digitalisation pour s’améliorer à tout point de vue.

L’article souligne que la transformation digitale n’est pas que la numérisation de l’entreprise. Celle-ci consiste à faire évoluer plus largement l’activité de l’entreprise autour de trois points fondamentaux : le business model, l’expérience client et l’organisation.

Carrefour n’a omis aucun de ces trois éléments dans la stratégie digitale que le groupe souhaite mettre en place. En effet, l’enseigne n’a pas hésité à retravailler son business model afin de trouver d’autres moyens pour générer du chiffre d’affaires et de la marge dans ce monde digital. L’investissement prévu de 3 milliards d’euros dans ses activités digitales au cours des cinq prochaines années doivent lui permettre de tripler la valeur brute des marchandises que l’entreprise vendra en ligne et d’ajouter 600 millions d’euros à son résultat opérationnel courant entre 2021 et 2026. Le distributeur compte porter à 10 milliards d’euros la valeur brute des marchandises, soit trois fois plus que son niveau en 2021. Ce triplement de Gross Merchandinsing Value sera permit grâce au développement de toutes les formes d’e-commerce non-alimentaire et alimentaire comme le drive, la livraison express en moins de 3 heures, le quick commerce (livraison en moins de 15 minutes) ou encore les places de marché.

Aussi la montée en puissance de Carrefour Links qui est la plateforme digitale dédiée à l’expérience client du groupe participera largement à l’augmentation prévue du résultat opérationnel courant d’ici 2026. Carrefour s’appuie sur cette nouvelle plateforme pour apprendre à connaître en profondeur ses clients grâce au tracking et au big data notamment. Dans le cadre de Carrefour Links, le distributeur propose aussi Carrefour CRM, qui est une plateforme de marketing relationnel qui sert à créer des expériences interactives avec les clients comma la gamification des courses par exemple. Plus largement, cette nouvelle activité va permettre au groupe d’investir le marché du retail media qui pèse aujourd’hui près de 30 milliards d’euros dans le monde.

Comme les auteurs ont pu le dire, le digital doit assurer un parcours client cohérent et simplifié grâce notamment au click and collect, au quick commerce par exemple. Dans ce sens, la stratégie digitale de Carrefour repose bien sur cette volonté de leur part d’optimiser le parcours d’achat des clients en leur proposant un maximum de solutions pour faire leur course de la manière dont ils souhaitent. Les notions de gain de temps, de facilité organisationnelle sont au cœur des préoccupations du groupe.

Enfin, le dernier élément décrit dans l’article, reposait sur le fait qu’il est nécessaire d’organiser toute l’entreprise autour du digital. Carrefour semble avoir bien compris ce point. En effet, comme nous avons pu le voir précédemment, tous les employés Carrefour bénéficieront de formations dédiées au digital d’ici 2024. L’objectif étant d’impliquer tout le monde dans cette nouvelle aventure tournée vers la digitalisation du groupe.

« Le digital va être la pièce maîtresse de notre prochain plan stratégique qui ira jusqu’en 2026 » dixit Alexandre Bompart, PDG de Carrefour. Comme évoqué dans l’article, les entreprises n’ont aujourd’hui plus le choix, elles doivent s’adapter à une nouvelle économie connectée, prendre de l’avance dans un environnement changeant. Carrefour a bien saisi cet élément et compte bien, grâce à sa stratégie digitale, créer de nouvelles opportunités pour ses clients. Carrefour souhaite dans un premier temps rattraper le retard qu’il a pris sur certain concurrents comme E.Leclerc au niveau du drive par exemple, pour ensuite surpasser tous ses concurrents grâce à une politique digitale cohérente, pertinente et globale. La globalité de cette politique digitale passe par un engagement à toute épreuve qui se matérialise par exemple par la volonté du groupe de viser la neutralisé carbone de ses activités e-commerce à l’horizon 2030, soit 10 ans avant l’objectif de départ fixé par le groupe.

Limites et recommandations

Limites :

  • Carrefour reste, dans l’esprit de nombreuses personnes, un groupe physique. L’entrée du distributeur sur un créneau majoritairement digital peut chambouler l’esprit des clients.
  • La multiplication des partenariats, des nouvelles offres de services peut engendrer une confusion dans l’esprit des consommateurs qui ne sauront plus vraiment quelle est la ligne conductrice de l’enseigne.
  • La volonté de Carrefour de devenir un leader mondial du digital retail paraît un peu présomptueuse. De nombreux acteurs déjà bien installés qui disposent d’une longueur d’avance et qui vont être difficiles à concurrencer.

Recommandations :

  • Le marché du retail média constitue une très grande opportunité pour Carrefour. En effet, ce marché en croissance continue peut lui permettre d’accroître considérablement sa valeur. Dans un monde où la data vaut de l’or, il paraît nécessaire pour le groupe de s’investir et s’impliquer toujours plus sur ce marché.
  • Magasin Flash 10/10 : Carrefour devrait songer à rapidement étendre son concept de magasin autonome qui constitue l’avenir. L’erreur de la part de l’enseigne serait de laisser la concurrence s’installer progressivement sur le même créneau avant eux. Aujourd’hui, nous comptons déjà Auchan (Auchan Go) et Amazon (Amazon Go) comme principaux concurrents. Carrefour doit fortement réfléchir à l’idée d’être le magasin le plus représenté sur ce concept dans les années à venir, s’il souhaite s’imposer en tant que leader comme il le prétend.

BUNEL Charlotte
M2 Marketing Stratégique

Article de presse :

https://www.lsa-conso.fr/le-plan-de-carrefour-pour-devenir-un-leader-mondial-du-digital- retail,396181 https://www.boursorama.com/bourse/actualites/carrefour-veut-mettre-le-digital-au-coeur- de-sa-strategie-180b0d8ec000d6bc774a1202f4a2b1e8 https://www.larevuedudigital.com/carrefour-batit-sa-strategie-digitale-sur-la-valeur-des- clients-en-omni-canal/ https://www.larevuedudigital.com/carrefour-surveille-sa-strategie-e-commerce- alimentaire-comme-le-lait-sur-le-feu/ https://www.larevuedudigital.com/carrefour-accroit-sa-dependance-aux-technologies-de- meta-facebook-et-google/ https://www.capital.fr/entreprises-marches/carrefour-veut-mettre-le-digital-au-coeur-de- sa-strategie-1419507 https://www.larevuedudigital.com/le-digital-doit-adapter-les-magasins-carrefour-aux- nouveaux-enjeux-du-commerce/ https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/concurrencer-walmart-et-amazon-le-plan- de-carrefour-pour-accelerer-dans-le-commerce-en-ligne_AN-202111090109.html https://www.capital.fr/entreprises-marches/avec-carrefour-flash-1010-fini-le-scan-en- caisse-1420925

https://www.carrefour.com/fr/groupe/points-de-vente https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/carrefour-accelere-dans-le-digital-pour- ameliorer-son-roc-de-600-mlns-d-euros-en-2026-1988443.php

Revue scientifique :

https://www.asjp.cerist.dz/en/downArticle/617/4/2/160044

Comment la communication commerciale pousse-t-elle le client à acheter ? Le cas de Tyrells

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https://www.tyrrellscrisps.fr/range/potato-crisps/

Comment la communication commerciale pousse-t-elle le client à acheter ?

La communication commerciale qu’est-ce que c’est ?

La définition formelle de la communication commerciale se résume à un objectif final de vente de produits et de services qui va chercher à utiliser favorablement le comportement d’achat et à influencer les circuits de distribution afin d’augmenter les ventes. Pour résumer, c’est la fabrication d’une communication spécifique pour une marque dans le but de faire passer un message, un message qui se démarquera des autres concurrents et attirera le consommateur.

La communication commerciale a donc trois objectifs principaux :
– l’objectif cognitif qui concerne la notoriété de la marque
– l’objectif affectif qui consiste à faire apprécier la marque
– l’objectif conatif qui fait agir le consommateur par l’acte d’achat.

Les trois objectifs ont chacun un rôle important et sont liés les uns aux autres. Cependant nous allons plus particulièrement nous intéresser à deux objectifs : l’objectif affectif qui engendrera l’objectif conatif.

En effet, nous sommes tous soumis à des influences et j’ai moi-même était influencée par la communication d’une marque spécifique lorsque je faisais les courses au rayon des chips/ biscuits apéritifs : la marque Tyrrell’s.

Exemple de la marque Tyrrells :

Présentation :

Tyrrell’s est un fabricant de chips de pommes de terre appartenant à la société allemande KP snacks depuis 2018. Le fondateur est William Chase qui créa la marque en 2001 à Leominster, au Royaume-Uni, là où se trouve son siège social.

Un positionnement So British :

Quand le client est amené à penser aux chips Tyrrell’s, la marque souhaite qu’il pense à la tradition anglaise, avec le côté anglais distingué tout en gardant son humour. La marque se base énormément sur l’image de la vieille Angleterre chic et soignée

Une communication multi-facette :

Communication sur le packaging :

Au premier abord d’un paquet de chips de la marque Tyrrell’s, nous pouvons nous demander à quoi correspond ce packaging, est-ce vraiment des chips ? En effet, la marque n’attire pas le consommateur par l’image du produit se trouvant à l’intérieur, mais par les valeurs de la marque, son positionnement.

Nous voyons donc un packaging en noir et blanc accompagné d’une couleur principale correspondant au goût spécifique de la chips. Par exemple, pour la chips au Cheddar la couleur prédominante est le jaune, qui indique au client la couleur du fromage. Le fait de jouer avec les couleurs, le noir et blanc qui donne un côté ancien avec une couleur pétante sur certains éléments, donne au packaging un aspect rétro et dynamique. De plus, la couleur souligne des éléments qui vont jouer sur l’inconscient du consommateur.

Si nous prenons l’exemple des chips « au vinaigre de cidre et au sel de mer » la couleur qui accompagne le noir et le blanc est le cuivre qui se trouve sur la coiffe des bouteilles de champagne. La couleur cuivre va accentuer la référence à l’artisanat dans l’inconscient des clients, puisque cette couleur fait référence aux anciens ustensiles de cuisson utilisés par nos aïeux.

L’idée de savoir-faire ancien est d’ailleurs explicite grâce à l’expression « hand-cooked English » inscrite sur le packaging. De plus, en observant la police d’écriture, nous remarquons qu’elle se rapproche extrêmement de la police « Times New Roman ». Cette police est apparue en 1932 dans le journal Londonien « The Times », une coïncidence ?

Communication institutionnelle :

Site Internet : https://www.tyrrellscrisps.fr/range/potato-crisps/

Le site internet est accessible en 5 langues. Tyrrell’s s’adresse donc à un large public international.

Le site français est clair et organisé en trois onglets que sont :

1- La gamme : L’onglet gamme nous présente les différentes chips et pop-corn que la marque propose.

2- La ferme : l’onglet ferme est une vidéo censée nous montrer la ferme originelle Tyrrell’s. Cependant, cette ferme n’est que très peu présentée, en effet nous la voyons de haut pendant environ 7 secondes, nous comprenons donc que l’image de la ferme réelle n’est pas vraiment en adéquation avec le positionnement de la marque puisque nous voyons des conteneurs, les usines et des entrepôts qui cassent cette image. C’est pourquoi, la seconde qui suit ces images nous voyons un panneau très « british » avec l’inscription « Tyrrell’s court » sur un mur en pierre qui semble être positionné au début d’une allée, comme si nous entrions dans la demeure des Tyrrell’s, qui nous rappelle très bien le fait-maison surligné par la musique d’une campagne anglaise distinguée.

3- Contact : l’onglet contact est, comme le nom l’indique, un simple onglet pour prendre contact avec la marque. Néanmoins, la marque reste très présente dans la façon de communiquer. En effet, on retrouve le côté rétro ancien puisque la marque nomme le questionnaire « LE GÉNÉRATEUR DE TÉLÉGRAMMES INCROYABLEMENT TECHNIQUE DE TYRRELLS » qui joue avec l’humour anglais et le côté vintage.

Le lecteur et moi-même étant bien entendu bilingues, nous avons donc opté pour le site Tyrrell’s en anglais, très différent de celui français. Nous y avons découvert 2 nouvelles gammes puisqu’en Angleterre la marque semble très bien se développer. De même pour la présentation de la « ferme » où l’on retrouve un storytelling de l’histoire de l’entreprise présentée par Henrietta et sa poule. Cette entreprise, justement, se nomme Tyrrell’s car c’est le nom de la ferme d’enfance du fondateur. Henrietta nous présente donc l’histoire de celle-ci qui commence en 2002, sûrement une date à laquelle Henrietta n’existait plus. De plus, ils ont inclus une frise chronologique présentant les différentes étapes clés de l’entreprise, on y voit la date de l’entrée des nouvelles gammes de chips et surtout le contact de la reine d’Angleterre avec la marque. Alors si vous vous demandiez à qui cette frise chronologique est adressée, bien sûr qu’elle est destinée aux anglais, ils ont même fait une allusion à la série anglaise adorée par la reine d’Angleterre, « Downtown Abey ».

La marque est-elle vraiment en adéquation avec les valeurs qu’elle prône ?

La marque se positionne sur un côté naturel, traditionnel et artisanale, valeurs chères aux anglais. Par exemple, pour les chips au vinaigre, la marque ajoute que ce sont des chips au vinaigre de cidre et au sel de mer.

De plus, nous remarquons que les ingrédients utilisés, qui sont déjà peu nombreux contrairement à la composition de chips Pringles, sont des ingrédients naturels et sans huile de palme. Par exemple l’antioxydant est de la poudre de romarin, ce qui marque bien le « fait maison » et le « naturel ».

Et le prix dans tout ça ?

Le but de toute cette communication peut justement être de nous faire accepter le prix qui est environ 3 fois plus cher comparé à une marque bas de gamme. Par exemple, pour un paquet de chips au sel de 150 g de la marque Tyrrell’s, nous devons payer 2.15 € contrairement à un paquet de chips nature de Carrefour qui coûte 0.89 centimes d’€ les 200g.

Un client qui adhère aux valeurs du naturel, traditionnel et artisanal est enclin à accepter de payer plus cher. Donc la marque Tyrrell’s vise les besoins d’accomplissement de ses consommateurs sur la pyramide de Maslow puisqu’elle répond à la non destruction de la planète. De plus, elle répond au besoin de sécurité les chips ne présentent pas de danger pour la santé.

Lou Derensy

Sources :

https://www.bible-marques.fr/tyrrells.html

TESLA : Une stratégie de communication dans l’air du temps !

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Beaucoup pensent que Tesla est une marque créée par Elon Musk … et bien ce n’est pas le cas !

En effet, celle-ci fut fondée en 2003 par deux personnes : Martin Eberhard et Marc Tarpenning. Elon Musk les a rejoint par la suite, en 2004. L’idée de la marque était simple : créer une automobile électrique capable de restituer les mêmes performances qu’une voiture de sport classique ! Ce pari était révolutionnaire pour l’époque et le premier modèle fut lancé dès 2008. Celui-ci eut immédiatement un franc succès.

Par fogcat5 — https://www.flickr.com/photos/fogcat5/255000227/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1656001

Nous le savons tous, pour avoir un bon développement, une entreprise se doit d’avoir un mix marketing infaillible, et nous retrouvons dans celui-ci : la communication ! Alors quelle est la stratégie de communication de Tesla ?

La communication de Tesla est très simple : elle passe par les réseaux sociaux. En effet, la marque a décidé de faire sa publicité intégralement par les réseaux sociaux : une tâche loin d’être aisée pour rentrer sur le marché de niche des voitures électriques. Pour ce faire, elle a dû adopter un positionnement spécifique : écologie, technologie, simplicité, mais aussi performance et sportivité. Ainsi, il a fallu mettre en œuvre de nombreuses innovations, en commençant par la communication.

Tout débute lorsqu’ Elon Musk investit sur 3 gros projets : Tesla, SpaceX et Solar City. Ces gros investissements osés, alors qu’il n’était jusque-là pas connu, ont attiré les médias. En effet, ceux-ci commencèrent à s’intéresser aux projets d’Elon Musk. Ainsi, les consommateurs ont commencé à s’intéresser à son projet.

Par la suite , Elon Musk fit d’énormes campagnes de publicité sur les réseaux sociaux, qui eux aussi, se sont développés avec le temps, lui amenant de nombreux internautes.

La marque Tesla commençait alors à se faire connaître petit à petit.

La communication sur les réseaux sociaux marchait , celle-ci avait des objectifs conatifs, et cognitifs , mais aussi affectifs. En effet, la marque voulait créer un environnement et une relation interactive avec ses clients. Pour cela : rien de mieux que les réseaux sociaux, où les internautes peuvent réagir en direct à toutes les publications de la marque, mais aussi de Elon Musk. En effet, celui-ci ayant une forte notoriété donne une impression d’accessibilité à son public en publiant régulièrement de nombreux tweets, parfois sur le ton de l’humour. De simples publications qui avaient pourtant une forte signification pour Charles Delaville , responsable de la communication chez Tesla France : les produits n’avaient pas besoin d’être promus sur de grandes chaînes de télévision, mais juste d’être montrés, en sachant que ces produits parleraient d’eux même.

Voici le premier post sur Instagram du compte https://www.instagram.com/teslamotors en 2013 :

En 2017, un événement vint appuyer leur stratégie. Manfred Kick, qui était alors un citoyen lambda conduisait normalement, à un détail près. Celui-ci remarqua un conducteur inconscient sur l’autoroute. Il se mit tout de suite devant lui contre la rambarde de sécurité avec sa voiture afin de la faire arrêter. Par la suite, les évènements classiques vont se dérouler : police, pompiers et prise en charge de la victime. L’affaire fût rapidement relayée par les médias en portant Manfred Kick en héros. La voiture de monsieur Kick ? Une Tesla bien sûr ! La marque s’empressa de lui rembourser ses réparations, le tout lui permettant d’accroître sa notoriété sur les réseaux en ramenant une énorme vague d’internautes et de développer le sentiment proximité avec ses clients.

Avec cet essor sur les réseaux sociaux, tesla appuie sur sa communication B to C, mais compte tout de même sur la communication C to C. En effet, les nouvelles innovations, modèles, technologies de Tesla sont relayées directement par les consommateurs ! Nous pouvons voir à ce sujet des milliers de vidéos sur les plateformes comme Youtube, Tik Tok ou encore Instagram, qui participent directement à la publicité de la marque, en promouvant les performances et technologies mises en œuvre, mais aussi l’aspect écologique et environnemental !

Avec cette communication solide basée sur les réseaux sociaux, Tesla compte 3,5 aujourd’hui millions de followers sur Twitter, et 5,5 millions d’abonnés sur Instagram. Ce modèle de communication est dans l’air du temps, cherchant toujours à toucher plus de monde en restant dans son idée de départ !

Mamadi Lantiez

Sources :

https://www.ladn.eu/archives/nano-influence-big-effect/tesla-ou-la-magie-du-brand-activism/ https://www.leblogducommunicant2-0.com/2018/04/01/la-communication-delon-musk-et-de-tes la-est-elle-le-trop-parfait-bouc-emissaire-de-la-crise-actuelle-de-la-marque/?cn-reloaded=1 https://www.marketing-etudiant.fr/cours/t/strategie-marketing-de-lentreprise-tesla.php

Lidl ex-hard-discounteur

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Jérémy-Günther-Heinz Jähnick / Somain - Lidl (01) / Wikimedia Commons / Cc-by-sa 3.0

Lidl, c’est à l’origine un hard discounter Allemand installé en France depuis le 5 avril 1989 à Sarreguemines. Aujourd’hui, c’est plus de 1500 magasins qui sont présents en France.


Depuis sa création, la stratégie de Lidl était similaire à celle d’Aldi : vendre le moins cher possible.

De ce fait, le Mix Marketing de la marque en a été affecté.

Intéressons-nous tout d’abord à leurs lieux de vente. Des magasins qui n’étaient pas attrayant, une esthétique qui renvoie une image « Mauvaise qualité ». Leurs magasins étaient peu soignés, on y retrouvait très souvent un carrelage peu accueillant, en clair la forme n’était pas le point fort de la marque.

Voici un exemple de leur communication avec un catalogue datant de 2007 à retrouver ici : http://harddiscount.canalblog.com/archives/2007/01/04/3598774.html
On retrouve ici les codes du hard discount. Des fonds de prix jaunes, de grandes écritures rouge agressive, des prix placés très en avant. Tout cela Amènera à Lidl une image de distributeur bon marché peu qualitatif qui impactait directement l’image de la clientèle elle-même. D’après Michel Biero (directeur achats et marketing de Lidl France) si on était client Lidl « on s’en cachait ».

Les produits quant à eux étaient d’une qualité convenable, mais de fait de l’image du magasin et des prix bas, le raccourci du consommateur prix bas = mauvaise qualité semblait inévitable.

Enfin, la politique de prix est assez simple. Minimiser au maximum les coûts pour l’enseigne afin de proposer les prix les plus bas possibles. Pour cela, l’assortiment en magasin est réduit et le merchandising est simplifié.

Tout ceci formulait un positionnement cohérent Lidl voulait être « le magasin le moins cher ». Malheureusement, l’image de mauvaise qualité qui affectait les produits ainsi que l’image des clients, aboutit à une formule de vente qui ne fonctionnait plus.

En 2012, la marque prend une décision cruciale. La sortie du « modèle hard-discount pour devenir un marché de proximité ». Cette même année, Lidl est élue « Meilleure Chaîne de magasins ».


La marque voulait revoir complètement son image et adopte une stratégie de repositionnement avec le modèle du « Smart Discount ». Le Smart Discount trouve son origine dans le hard discount, et s’en distingue en intégrant plus de marketing, en référençant plus de grandes marques, et en améliorant l’expérience en point de vente. Ceci en conservant des prix bas. Pour cela, chaque point du Mix Marketing a été revu et adapté. Le lieu de vente a été repensé.

On y retrouve désormais des coins boulangerie très esthétiques. Le carrelage a été peu à peu abandonné, au profit de sols bien plus accueillants. En clair, les magasins ont été repensés pour être bien plus accueillants et qualitatifs.

La communication a accompagné ce changement d’image avec les désormais publicités bien connues « On est mal patron, on est très mal. » Mettant en scène un représentant d’une autre chaîne de distributions apeuré face au prix bas de produits qualitatif proposé chez Lidl. Lidl est à présent le Supermarché qui « Fait peur aux autres Supermarchés » en faisant tout aussi bien, mais moins cher. Des publicités qui participeront grandement à créer un affect pour le consommateur envers la marque.

Les produits sont de plus en plus locaux avec en 2012 la création de la marque distributeur « Saveurs de nos régions » par exemple. Aujourd’hui Lidl, c’est 72 % de produits d’origines France. Les marques distributeurs sont au cœur de leur politique produit et leur permet de garder la main sur la qualité, mais également sur les coûts engendrés. Enfin, en accord avec le « Smart Discount », de grandes marques comme Ice Tea par exemple sont présentes en magasins.

Pour finir, la politique de prix est restée similaire à celle du hard discount, le but étant de proposer toujours les produits les moins chers possible.

Aujourd’hui, l’enseigne a réussi son opération. On parle de Lidl comme la marque tendance qui sait créer de la hype sur de simples baskets de distributeur. Si dans les années 2000, on avait honte d’aller chez Lidl, en 2021 cela est devenu à la mode.

Symbole de cette montée en gamme, Lidl vient de mettre en place une politique de fidélisation !

Andy Piège

Les défilés de mode et le numérique

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La crise sanitaire liée au Covid-19 a remis en question bon nombre de secteurs. Celui de l’événementiel n’a pas été épargné obligeant les entreprises à annuler ou à revoir certains événements. C’est le cas des maisons de haute couture qui participent deux fois par an à une Fashion Week soit la « Semaine de la mode ». Ces périodes permettent aux directeurs artistiques de chaque maison de couture de présenter leurs toutes nouvelles collections de prêt-à-porter et également, dans le cadre de la Fashion Week française, de haute couture.

Face aux interdictions gouvernementales sur la question des défilés qui rassemblent des milliers de personnes (directeurs et journalistes de magazines de mode, célébrités, influenceurs, personnes lambda, etc.), les maisons de haute couture ont dû revoir leur organisation. Une solution est apparue dans les esprits : les défilés 100 % numériques.

Si cette option paraît être l’une des seules réalisable, elle n’en est pas simple pour autant. En effet, plusieurs éléments ne sont pas à négliger ou à oublier : être créatif pour se démarquer des autres défilés, créer une ambiance attractive et harmonieuse, mettre en valeur les vêtements, garder une certaine forme d’interactions, etc. Ainsi, les défilés en 100 % numérique représentent un réel challenge pour les maisons de haute couture car ces dernières doivent réussir à transposer l’ensemble des codes des défilés pour ne pas perturber les habitués.

L’intérêt des défilés de mode pour une maison de haute couture

Il est important de rappeler quel est l’intérêt pour les maisons de haute couture d’utiliser l’événementiel dans leur communication. En effet, ces dernières n’organisent pas des défilés seulement pour le plaisir, elles ont des objectifs bien définis derrière cette action de communication.

Premièrement, un défilé de mode leur permet de mettre en avant leur nouvelle collection, et par conséquent de valoriser le travail fourni lors de la création. De plus, cela leur permet de promouvoir leur marque et de gagner en notoriété. En effet, à travers ces événements, les maisons de haute couture cherchent à créer le buzz. Cela permet d’être connu d’un plus large public et de consolider sa communauté. Enfin, utiliser les défilés leur donne l’occasion de valoriser leur image de marque. Ainsi, l’événementiel permet aux maisons de haute couture d’attirer, d’engager leur communauté et d’engendrer une opinion positive.

Pour arriver à atteindre tous ces objectifs, une maison de haute couture possèdent plusieurs leviers :

-S’offrir un lieu incroyable et original –musée, avion et piste de décollage, champ de lavande, usine désaffectée, etc- afin de marquer les esprits et se démarquer des autres maisons.

-Inviter les bonnes personnes -directeurs et journalistes de magazines de mode, blogueurs mode, influenceurs, célébrités, etc- afin qu’ils fassent de la publicité dans leurs médias (presse, réseaux sociaux) et que cela entraîne une augmentation de l’intérêt du public.

-Respecter l’ADN de sa marque dans le choix des décors, de la musique, de la lumière et du rythme afin de valoriser son image de marque en la théâtralisant.

-Innover dans la création et la conception de l’événement en cassant les codes et en utilisant de nouvelles technologies (ex : image 3D).

-Choisir les bons mannequins afin d’apporter de la notoriété, représenter l’image de la marque et de casser les codes.

-Garder le secret pour accentuer l’effet de surprise et par conséquent la mémorisation de l’événement.

Défilé BALMAIN : une maison de couture qui a su faire du numérique un réel atout

Pour son défilé hommes et femmes automne-hiver 2021/2022, Balmain a su tirer son épingle du jeu. En effet, la maison de couture a offert un défilé numérique dans les hangars d’Air France. C’est plus exactement sur l’aile d’un Airbus A350-900, sur une piste d’atterrissage puis dans un monde 3D que les différents modèles ont défilé. Ces décors atypiques s’inscrivent pleinement dans une volonté de se démarquer des autres défilés proposés par les autres maisons de haute couture. De plus, ces décors n’auraient pas pu être utilisés dans un cadre avant-covid car la longueur des ailes n’aurait pas permis d’installer assez d’estrades pour accueillir des milliers d’invités. De plus, il aurait été impossible d’utiliser des images 3D comme décor car les invités n’auraient également pas pu être présents. Balmain a ainsi su utiliser l’avantage du numérique pour offrir un défilé créatif et original.

Deuxièmement, à travers ces décors, Balmain réussit à faire oublier la barrière du numérique et s’inscrit pertinemment dans le contexte sanitaire. Olivier Rousteing, le directeur artistique de la maison, propose en effet une collection et des décors dans le thème du voyage, activité qui s’avère très restreinte par l’ensemble des mesures gouvernementales. La maison, en utilisant le digital, offre ainsi espoir, liberté et imagination aux différents visionneurs.

Balmain s’est parfaitement approprié les avantages du numérique en jouant sur les perspectives (contre-plongée, horizontale, ras du sol, derrière un objet, etc.), sur les plans (larges, moyens, gros plans, etc.), sur les mouvements de la caméra et sur les temps d’arrêt. Ces techniques donnent ainsi dynamisme et vivacité au défilé en mettant en valeur les vêtements avec originalité. De plus, elles permettent de vivre différemment la présentation d’une nouvelle collection. Les images 3D viennent renforcer cette quête d’originalité en proposant des univers jusque-là inexploitables avec un défilé traditionnel.

Changement drastique de communication autour des défilés

Si le mot d’ordre d’un défilé de mode était « secret », ce dernier n’est plus. En effet, afin de marquer les esprits grâce à l’effet de surprise, les maisons de haute couture cherchaient à cacher toutes informations concernant leur événement. Ainsi, s’ensuivait après le show une vague de posts publiés par les différents invités qui s’empressaient de partager leur contenu exclusif. Cependant, aujourd’hui, tout le monde peut visionner les défilés et accéder aux informations publiées par les maisons sur leurs réseaux sociaux qui visent à teaser l’événement. De plus, la situation sanitaire et la digitalisation des shows ont contraint les maisons de haute couture à redoubler d’efforts sur leur communication ante-événement, mais également pendant et après. En effet, les défilés ne rimant plus avec exclusivité, il est important pour les maisons de maintenir l’attractivité de l’événement et la curiosité des internautes autour de celui-ci.

Les maisons de haute couture ont choisi de faire des réseaux sociaux leur principal allié. En effet, certaines comme Burberry se sont tournées vers l’application Twitch afin que les internautes puissent se connecter à la marque, mais également communiquer entre eux. Ainsi, la marque a la possibilité d’interagir avec sa communauté en postant des contenus exclusifs. D’autres ont choisi de se tourner vers Youtube pour ouvrir leur propre chaîne mais également pour communiquer à travers des chaînes dédiées à la mode. C’est le cas de la chaîne de Loïc Prigent qui leur offre accès à une audience de 50,6 % sur la tranche des 18-24 ans et à une communauté formée de 20 % d’hommes et 80 % de femmes. Ces derniers sont originaires de la France à 28,3 % et des États-Unis à 23,6 % Ainsi, les maisons de haute couture peuvent communiquer sur leur marque et sur leurs défilés à l’international. Ce réseau social qui ne cesse de croître est donc un véritable tremplin digital pour communiquer sur les shows. Ainsi des chaînes comme celle de la maison Dior ont atteint les 1,05 millions d’abonnés et les 1,6 millions de vus sur leur dernier défilé : Dior Autumn-Winter 2020-2021 Haute Couture.

Les maisons de haute couture ont également choisi de se tourner vers des célébrités et influenceurs pour développer leur communication. Certaines maisons telles que Dior ou Jacquemus ont invité l’influenceuse mode et lifestyle Léna Situations à leur show ultra-privé, d’autres comme Prada l’ont invitée à leur défilé digital. Grâce à ses invitations, elle a pu créer du contenu sur sa chaîne Youtube. En effet, cette youtubeuse de 1,92 millions d’abonnés a publié une vidéo intitulée « La fashion week pour les nuls » qui a récolté presque 1,5 millions de vus.

Si les maisons de haute couture ont développé leur communication, des organismes ont également tenté de les aider. En effet, pour faciliter l’accès aux défilés, la Fédération de la haute couture et de la mode a créé en juillet 2020 une plateforme digitale qui regroupe l’ensemble des collections masculines printemps-été 2021 et de haute couture automne hiver 2020-2021. En plus de ces vidéos, celles des défilés sans spectateurs sont accessibles.

Suite à l’ensemble de ces prestations et aux différentes démarches pour en faciliter le nouvel apport digital, reste à savoir si les maisons de couture vont continuer à produire des défilés 100 % numériques, ou si elles vont tendre à retourner vers les défilés traditionnels.

Naïs Pallard

Sources :

https://madame.lefigaro.fr/style/fashion-week-de-paris-2021-des-defiles-en-ligne-mais-des-eveneme-110121-194401

https://www.prestagency.com/organiser-un-defile-de-mode-pour-promouvoir-votre-marque-et-gagner-en-notoriete–_ad87.html

https://www.lesechos.fr/weekend/mode-beaute/paris-fashion-week-les-reseaux-sociaux-devoilent-les-secrets-de-fabrication-1283224
https://www.ladn.eu/media-mutants/reseaux-sociaux/marques-luxe-youtube/

À la rencontre de l’épicerie participative Épi vert

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L’association Epi Vert a pour objet la mise en œuvre de pratiques alimentaires collectives, participatives et alternatives qui favorisent le lien social, l’expression de la citoyenneté active et le développement de l’économie locale et solidaire.

En savoir + : https://monepi.fr/homeMonEpi.php?nomurlsite=epivert

Le Smart Retailing, la nouvelle normalité du point de vente physique ?

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Si la crise du coronavirus a entraîné le développement de deux comportements d’achats chez les consommateurs -l’augmentation de l’utilisation du digital et le penchant croissant pour les commerces de proximité-, la recherche d’une consommation expérientielle n’est pas à délaisser. En effet, cette tendance qui naquit suite à la crise paradigmatique du marketing des années 1980 reste un désir pour bon nombre de consommateurs. Des travaux ont pu s’y intéresser, tel que le Modèle expérientel de Holbrook et Hirschman présenté en 1982. Ces deux professeurs se sont penchés sur le comportement du consommateur et le rôle que peuvent avoir les émotions, les sentiments, le divertissement, le plaisir, les sensations, etc. dans le processus d’achat de ces derniers.

Pour répondre à cette recherche d’expériences, de nombreuses idées ont vu le jour. Cependant, c’est le concept amené par Pantano et Timmerman en 2014 qui a marqué les esprits. En effet, le Smart Retailing est dernièrement évoqué comme « la solution » pour créer une expérience omnicanal positive pour les clients, et même les distributeurs.

Pour seoir parfaitement à la compréhension de cet article, il s’agit tout d’abord de définir ce qu’est le smart retailing.

Le smart retailing est un système de distribution interactif et connecté qui entraîne la multiplication et l’optimisation des points de contact afin de personnaliser l’expérience du client. Nous pouvons alors parler de magasins intelligents, de boutiques digitalisées de show-rooms connectés.

Au début des années 2000, lorsque le digital s’est démocratisé entraînant le développement exponentiel de l’e-commerce, les distributeurs ont pris peur pour leur(s) point(s) de vente physique(s). Ils ont alors répondu en optant également pour un canal digital, passant d’acteurs dits Brick-and-Mortar à Click-and-Mortar.

Cependant, cela ne suffit plus aux consommateurs qui sont toujours plus demandeurs d’expériences.

Les commerçants ont alors choisi d’opter pour une stratégie omnicanale en incluant l’aspect digital dans leur boutique. Les points de contact de ces magasins phygitaux se retrouvent ainsi reliés permettant l’optimisation des uns par rapport aux autres.

Pour faire de leur point de vente des magasins phygitaux, les enseignes se sont tournées vers différentes technologies : cabines d’essayage virtuelles (John Lewis), réalité vituelle (Décathlon), tablettes tactiles (Mac Donald), etc. L’objectif étant de faire vivre aux consommateurs une nouvelle expérience.

Par ailleurs, les points de vente n’ont pas été les seuls à être équipés de technologies. En effet, les commerciaux ont également pu profiter de cette digitalisation. C’est le cas des vendeurs chez Sephora qui sont chacun équipés d’un Ipod leur donnant accès au fichier client, aux stocks, aux informations sur les produits, etc. Ainsi, les vendeurs sont aptes à renforcer la personnalisation de leurs services (conseils, accompagnement, etc.)

De plus, la bonne maîtrise de la phygitalisation et par conséquent de l’omnicanalité permettent de faire gagner du temps aux consommateurs. Ce n’est pas un aspect à négliger, car 46 % de ces derniers n’achètent pas en magasin à cause d’un temps d’attente trop important.

Par ailleurs, des enseignes comme Nike ont su surfer sur cette vague de phygitalisation. En effet, afin de fluidifier l’expérience de ses clients, la marque a entrepris de créer un service pour les membres de Nike Plus. Ce dernier leur permet de réserver, à l’aide d’une application, un rendez-vous d’une durée de 15 minutes avec un vendeur de la boutique. Celui-ci pourra alors offrir au client des conseils personnalisés.

De plus, grâce à l’application, les consommateurs ont également la possibilité de précommander des sneakers qu’ils pourront récupérer dans un casier placé dans le magasin. Les clients n’ont alors plus qu’à le déverrouiller en le scannant avec leur smartphone. Ils peuvent ensuite les essayer avant de décider s’ils finalisent leur acte d’achat.

Bien d’autres concepts et tendances peuvent également être mis en place :

-Utilisation de l’intelligence artificielle

-Robots

-Tableau digital qui donne accès au parcours du produit : de la fabrication à l’arrivée en magasin.

-Écran à reconnaissance faciale

Ces derniers ont toujours pour objectif de développer l’expérience client en cherchant la personnalisation, la transparence, l’inédit, etc.

Pour conclure, nous ne pouvons pas remettre en question l’influence qu’a pu avoir le digtal sur notre manière de consommer. En effet, cela a même entraîné le remodelage de nombreux points de vente qui cherchent à répondre aux nouvelles envies des consommateurs.

Cependant, si la phygitalisation qui répond à cette envie de nouvelles expériences semble faire rêver, elle possède également ses travers. En effet, cette personnalisation de l’offre nécessite d’en connaître toujours plus sur les consommateurs : anciens achats, sexe, âge, adresse, besoins, envie, localisation, etc.

Nous pouvons alors nous demander si le magasin phygital est une solution à long terme, ou si les populations ne vont pas tendre à se confronter à cette intrusion de leur vie privée.

Naïs Pallard

https://www.journaldunet.com/ebusiness/commerce/1493945-l-evolution-du-comportement-des-consommateurs-dessine-un-tout-nouveau-parcours-client/

https://www.cairn.info/revue-francaise-de-gestion-2006-3-page-99.htm

https://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire/Modele-experientiel-Holbrook-Hirschman-modele-recherche-experiences-242429.htm

https://www.bananepourpre.fr/smart-retail-le-magasin-est-il-la-nouvelle-frontiere-du-commerce/

https://www.association-etienne-thil.com/wp-content/uploads/2018/01/24-Elabed_Lemoine_Thil17.pdf

https://www.cnam-grandest.fr/blog/innovation/572-smart-retailing-quand-le-magasin-devient-intelligent

https://lehub.laposte.fr/reperes/nike-lance-nouveau-concept-magasin-phygital

https://www.joptimisemonsite.fr/9-tendances-a-appliquer-en-2020-pour-ameliorer-votre-experience-client

Série + concerts + album = Orelsan

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Compte Insta d'Orlsan
Compte Insta d'Orelsan disponible sur https://www.instagram.com/orelsan/

Voici un excellent plan de com’ mis en place ces jours-ci par Orelsan :

  • 28/09 : bande-annonce de la série documentaire – 1 000 000 de vues entre Insta et Youtube sur différents comptes

  • 4/10 : Annonce de la tournée – 635 000 vues
  • 6/10 : Ouverture de la billetterie des concerts avec un site dédié (orelsan.show)

  • 15/10 : Sortie de la série documentaire sur Amazon Prime (au passage excellente) avec un rebondissement à la fin

  • 19/10 : interview sur France Inter avec un mystère qui plane sur l’enregistrement d’un album – 234 000 vues de la vidéos sans compter les audiences radio et podcast

  • 26/10 : Annonce d’un nouvel album – 395 000 vues
  • et de nombreux relais de la presse : urlr.me/NwTCK et du coup, nous aussi 😉

  • 27/10 : Annonce de pré-commandes de l’album avec des séries limitées – 214 000 vues avec le lien vers le site de e-commerce (https://orelsan.store/) avec des ventes en direct

Récapitulons : annonces de la série documentaire sur Prime + concerts + nouvel album en moins d’1 mois (du 28/09 au 27/10) !

Bon, en même temps, je ne sais pas si vous étiez au courant mais Orelsan a fait une école de commerce (EM Normandie).

En tout cas, ce plan de com’ est superbement orchestré !

Jacquemus, une grande maison de prêt-à-porter « digital native »

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Jacquemus qu’est-ce que c’est ?

C’est la marque de prêt-à-porter haut de gamme de Simon Porte Jacquemus, un jeune créateur qui a créé sa marque au cours de ces études à ESMOD à Paris en 2009, à l’âge de 19 ans. Le jeune styliste donne le nom « Jacquemus » à sa marque pour rendre hommage à sa mère décédée dans un accident de voiture cette même année. Simon Porte Jacquemus est issu d’une famille d’agriculteurs dans le sud de la France, ce qui l’inspire fortement pour ses collections d’ailleurs : le sud, les couleurs, l’élégance et la simplicité en font sont sucés. Si aujourd’hui la marque est reconnue au-delà des frontières, ça n’a pas toujours été le cas, ce n’est que depuis 2010 que la marque s’est réellement fait connaitre, lorsque son créateur a organisé un défilé sauvage dans les rues de Paris , avec des mannequins vêtus de sa première collection, défilant. Il réussit grâce à cela à capter l’attention de nombreux médias, sa notoriété ne cesse de croitre depuis. Jacquemus s’impose même désormais parmi «  les maisons de prêt-à-porter françaises les plus désirés du moment ». 

Tout est donc parti de là pour la marque et elle est aujourd’hui devenue même virale, en partie grâce à ses nombreux défilés originaux qui ont suivi (dans les champs etc…), mais le créateur en fait bien plus encore car il fait aujourd’hui partie des marques que l’on appelle « digital natives ». 

Qu’est-ce que les marques « digital natives » ?

Le terme « digital natives » à lui seul, signifie « une génération de jeunes hyperconnectés – âgés de 15 à 24 ans – qui naviguent en ligne depuis cinq ans ou plus » d’après l’agence spécialisé en nouvelles technologies de l’ONU. En France, on en compte 83% dans la population française selon Thomas Stenger dans son livre « Digital Natives ». Cependant cette définition n’en est qu’une parmi d’autres, car c’est un phénomène très récent, mais elle s’accorde toute sur plusieurs points : ce sont des personnes jeunes (pas que les étudiants), nées entre 1980 et les années 2000, ayant grandi avec le numérique, les technologies et les réseaux. 

Et des marques comme Jacquemus on su en faire bon usage pour se démarquer des grandes maisons de luxe comme Prada ou encore Balenciaga. En effet, une marque « digital natives » sont celles qui captent et comprennent le mieux les comportements des nouvelles audiences. Les « digital natives » donc très connectés sur internet et encore plus sur les réseaux sociaux comme Instagram : « 69% des internautes de la générations Z (15-24 ans) utilisent Instagram chaque mois ». La marque postant régulièrement sur son Instragram touche donc énormément cette génération connectée.

Qu’est-ce que poste la marque pour se démarquer ?

Elle ne met pas de simple poste représentant ses produits comme les autres marques, non elle fait preuve de plus d’originalité. Tout d’abord, c’est Simon Porte Jacquemus, le créateur lui-même qui gère le compte Instagram de la marque, ce qui n’est clairement pas le cas des maisons traditionnelles, qui ont du personnel engagé à cet effet. De plus, Jacquemus propose de nous partager sa marque mais aussi sa vision des choses, en nous partageant des paysages (sources d’inspiration pour ses créations), ses défilés, mais aussi sa vie privée et c’est là que la marque se démarque. En effet, Simon Porte Jacquemus partage énormément de moments de vie privée, auprès de ses proches, de son compagnon, en vacances. Tout cela humanise donc énormément sa marque, il vient donc casser l’image perçue des marques « haut de gamme ». Cela en fait même la signature de la marque, en partageant du contenu « cool, simple et provincial ». L’auteur va même plus loin en affirmant lors d’une interview pour le magazine Luxe et Digital : stratégie pour une digitalisation singulière du luxe paru en 2016 : « Instagram c’est mon cerveau sans filtre, c’est très personnel. C’est un tout. » « L’aspect humain est très important pour moi ». 

Cet aspect digital et original de la marque lui aura permis sa viralité et donc sa notoriété. Effectivement, Jacquemus est devenu viral grâce à ses photos mais aussi grâce ses événements comme ses défilés très  originaux dans les champs, notamment le dernier pour présenter sa collection printemps-été 2021 « l’Amour ». Il y a invité une influence : Léna Mahfouf, ce qui a rendue encore plus viral l’événement. Léna est une influence très connue de la génération connectée aujourd’hui avec 3 millions d’abonnés, Jacquemus a donc encore une fois su s’adapter à la nouvelle audience et confirme son positionnement de marque « digital natives ». 

Tout cela à bien évidemment un effet très positif sur les ventes de sa marque, qui est uniquement disponible en ligne, on peut le voir à travers la mise en vente de ses livres « Marseille, je t’aime » et  le volume 2 : « images » qui comprennent uniquement des photos de la galerie photos du téléphone du créateur Jacquemus. Ses livres connaissent un vrai succès et sont épuisés en seulement quelques jours après leurs sorties, car il représente pour les clients « les photos style Jacquemus », c’est-à-dire très simple, unique, provincial et intime.

Le créateur continue de faire parler de lui en 2021 sur ses réseaux en ouvrant un pop-up store dans Paris « les fleurs » dans lequel il vend des fleurs d’un fleuriste local, entouré de chutes ou reste de vêtements de ses anciennes collections. Il partage tout cet événement sur son compte Instagram, ainsi que les retours des clients qui ont acheté les fleurs. Ce concept devient viral car des milliers de Parisiens partagent leur achat en story sur leur Instagram mais aussi les créations qu’ils ont réalisées avec les chutes de vêtements de anciennes collections. 

Pour plus d’informations sur cette événement je vous laisse consulter mon Linkedin (https://www.linkedin.com/in/juliana-nicolas-36a92a193/) où j’ai publié dans le cadre de mon cours de distribution un article sur cet événement. 

En résumé, Jacquemus est l’une des premières marques de haut de gamme « digital natives », dont le succès et son image reposent sur ce concept, comme le dit le créateur lui-même dans Luxe et Digital « la frontière entre le virtuel et le réel n’existe pas pour ma génération, tout est lié on vit dans le digital » « On est dans un monde où l’on est de plus en plus éduqué et habitué à ça, via les réseaux et les applications, comme Instagram ». 

Juliana Nicolas 

 Sources : 

https://journalduluxe.fr/study-case-jacquemus/

https://fr.fashionnetwork.com/news/Jacquemus-decryptage-d-un-succes-par-son-offre-et-son-positionnement,1246142.html »>https://fr.fashionnetwork.com/news/Jacquemus-decryptage-d-un-succes-par-son-offre-et-son-positionnement,1246142.html

https://www.mariefrance.fr/mode/actu-mode/jacquemus-lhistoire-de-marque-520415.html

https://blog.digimind.com/fr/agences/instagram-chiffres-incontournables-2020-france-et-monde

Académique :

https://www-cairn-info.docelec.u-bordeaux.fr/digital-natives–9782847697438-page-11.htm

https://u-bordeaux-scholarvox-com.docelec.u-bordeaux.fr/catalog/book/docid/88832620?searchterm=Jacquemus

Le retargeting, marketing très précieux pour les marques

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Depuis de nombreuses années, tous les utilisateurs d’internet font la même remarque quant aux publicités qui s’affichent durant leur temps de navigation. En effet, qui ne sait pas dit, « c’est étrange, ce matin je suis allé sur le site d’une marque bien particulière, et ce soir je n’ai que des propositions commerciales de cette dernière, alors que je suis sur un site complètement différent. Comment est-ce possible ? » En réalité, sans le vouloir, vous entrez dans un système marketing de communication, bien connu des entreprises. Son nom le retargeting. Durant cet article nous allons comprendre son principe et son utilité pour les marques.

Le retargeting ou reciblage publicitaire a pour but de recentrer les internautes ayant montré un intérêt même minime à un produit ou une marque. La devise de cette stratégie est simple : « ce n’est pas parce qu’un internaute n’a pas acheté, qu’il n’est pas intéressé ».

Il est nécessaire de faire du retargeting car dans le e-commerce, on sait que le taux de conversion moyen d’un site est de 2%. Ce qui est très faible si l’on compare aux sommes déboursées pour le trafic sur internet. Les avantages de cette technique de communication sont multiples, dans un premier cela permet d’augmenter la notoriété de la marque, réduire l’abandon de panier ou encore encourager le réachat. Car oui, des études prouvent qu’un consommateur ayant été touché par une bannière publicitaire à 70% de chance en plus de convertir. Également, 72% des consommateurs abandonnent leur panier et seulement 8% reviennent finaliser leur commande plus tard. Grâce au retargeting les entreprises ont un taux de retour au panier et de finalisation de + 26%. Ce qui est considérable quand on voit le taux habituel, sans stratégie marketing. 

Le fonctionnement du retargeting est très simple. Le schéma proposé ci-dessous vous aidera à bien comprendre toutes les étapes de cette stratégie.                                        

Retargeting : qu'est ce que c'est et comment ça marche !

Actuellement, deux stratégies de retargeting sont constamment utilisées. La première est utilisée par Google ou Facebook et se nomme le retargeting display. Son principe est simple : l’attention du consommateur est attirée à l’aide d’une bannière publicitaire qui rappelle l’article vu plus tôt dans la journée. Cette bannière renvoie alors l’internaute au site internet de la marque qui réussie son action de communication. La deuxième technique utilisée se nomme l’e-mail retargeting a pour but de coupler les cookies aux bases de données d’e-mails. Ces méthodes peuvent paraître intrusives, c’est pourquoi des lois sont mises en place au niveau Européen afin de réguler au mieux ces intrusions. La loi E-privacy pourrait mettre un coup d’arrêt à cette méthode en revoyant la politique d’utilisation des cookies. En effet, ces derniers devront être acceptés au démarrage du navigateur et non plus à l’entrée de chaque site. L’autre logiciel qui pourrait empêcher les marketeurs de faire leur travail se nomme Adblock. Le logiciel a pour but de bloquer la plupart des publicités en ligne.      

Pour conclure, le retargeting est un outil très important et intéressant pour les marques mais aussi pour les consommateurs car il permet de nous rappeler un besoin et de nous rediriger vers celui-ci. Néanmoins cette stratégie markéting doit être contrôlée pour ne pas qu’il y est de débordement sur la vie privée de chacun.

Tom Hachard

Sources :

https://fr.sendinblue.com/blog/retargeting-definition/

https://www.joptimisemonsite.fr/fonctionnement-retargeting-definition-remarketing-facebook-display/

http://ad-exchange.fr/infographie-7-chiffres-a-retenir-en-matiere-defficacite-des-campagnes-de-retargeting-17742/